Yannick Jadot, l’écolo lucide

Le député européen Yannick Jadot a remporté le 7 novembre la primaire écologiste avec 54,25% des voix, face à la candidate Michèle Rivasi. Une surprise, alors que le candidat est presque inconnu du public.

Une victoire qui sonne comme une revanche. Alors qu’en 2012, Yannick Jadot s’était fait barrer la route d’un poste de ministre par – selon lui – Cécile Duflot, aujourd’hui c’est lui qui représente les Verts pour cette campagne présidentielle. Évidemment, son objectif principal n’était pas d’évincer Cécile Duflot, même si leur rivalité remonte à plusieurs années. Dorénavant, celui qui portera les couleurs EELV en 2017 doit rassembler son parti derrière lui et partir à la chasse aux signatures.

Avec 54,25% des voix, Yannick Jadot a remporté haut la main le second tour de ces primaires. Au sein du parti, l’homme semble plaire presque à tout le monde, chose rare chez les Verts. On le qualifie de “sincère”, “intelligent” ou encore “bon orateur”. Il faut dire que le “jeune homme” de 49 ans a déjà un solide parcours pour appuyer sa candidature. Il s’est engagé tôt en politique, en participant à la création d’un mouvement étudiant, « La Déferlante », en 1986. Après plusieurs expériences humanitaires au Gabon et au Bangladesh, il intègre Solagral en 1995, une ONG spécialisée dans le suivi des négociations internationales. Le tout avant de devenir directeur de campagne de Greenpeace France, poste qu’il occupera jusqu’en 2008.

Son grand lancement en politique ne survient qu’en 2009, lorsqu’il est élu au Parlement européen. Daniel Cohn-Bendit l’a pris sous son aile et veut le promouvoir à la tête du parti. C’est quelqu’un de très ouvert, très curieux, qui écoute et qui est capable de remettre certaines de ses positions en question, c’est le contraire d’un homme de parti ligoté par son idéologie”, assurait récemment Cohn-Bendit. S’il partage nombreuses positions de son mentor – comme son opposition au CETA – son rêve, c’est de marcher dans les pas de Nicolas Hulot. Comme le présentateur d’Ushuaïa, qui avait été crédité de 9 à 11% des intentions de vote avant qu’il ne jette l’éponge pour l’élection de 2009, Yannick Jadot espère plus de 10% des voix. Mais l’homme, apprécié pour sa lucidité, le dit lui-même : “Je ne crois pas qu’il y aura un président écologiste en 2017”. Pour l’instant, il n’est crédité que de 2 ou 3% des intentions de vote dans les sondages…

Juliette Hirsch

Écrit par iejpedago