Wallerand de Saint-Just accuse l’Allemagne de polluer Paris   

En pleine campagne pour les élections régionales, Wallerand de Saint-Just a rencontré la rédaction d’IEJ News. Et le candidat Front National a des idées bien arrêtées sur la pollution en région parisienne.

Critiquer les instances est un art de vivre au Front National, et Wallerand de Saint-Just l’a bien compris. Que ce soit le gouvernement, l’Assemblée Nationale, mais aussi les organismes se chargeant des mesures de la pollution à Paris. « Je ne crois rien de ce que dit Air Parif, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), ce sont des organismes politisés. Il faudrait que des instituts vraiment indépendants prennent le relai » nous dit-il. Problème, Air Parif est une association indépendante chargée par l’Etat de surveiller la pollution de l’air, quand le GIEC est un groupe d’expert mandaté par le ministère de la Santé.

Mais si Wallerand de Saint-Just ne croit pas à ces chiffres, c’est qu’il a sa propre théorie sur la pollution. Les voitures, les camions responsables ? Oui. Mais pas en majorité. Selon lui, l’Allemagne est la cause « d’au moins 50% de la pollution de la capitale pendant les pics de pollution ». Une idée avancée l’an passé par le journaliste Gille Dauxerre. Mais à l’époque, les Décodeurs du Monde s’étaient emparés de l’affaire pour prouver l’inexactitude de ces propos.

Les journalistes se sont appuyés sur des chiffres d’Air Parif, mais ont aussi questionné Matthias Beekmann, directeur de recherches au Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques et membre du CNRS. Selon lui, cette idée est absurde : « Il est très difficile de dire d’où viennent précisément ces particules importées. En cas de vent du nord-est, elles proviennent d’Allemagne, mais aussi de la Belgique et des Pays-Bas, deux pays avec des fortes émissions ».

La répartition de la pollution parisienne selon Air Parif

La répartition de la pollution parisienne selon Air Parif publié par les Décodeurs

Des inexactitudes qui font tâches pour le candidat Front National. Si l’environnement n’a jamais été le cheval de bataille du parti d’extrême droite, la tendance ne semble pas s’inverser durant cette campagne.

Anthony Audureau

 

Écrit par iejpedago