Violences policières : l’ACAT dénonce les dérives des forces de l’ordre !

L’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) publie ce jour un rapport résultant d’une longue enquête sur les violences policières. Etat des lieux sur ces dix dernières années avec 89 cas de blessures graves étudiés pour l’occasion.

A l’heure où l’Etat dote les forces de l’ordre de nouvelles armes et leur accorde une « irresponsabilité pénale » avec pour fond de toile le terrorisme, l’ONG Action des chrétiens pour l’abolition de la torture a présenté un rapport qui risque bien de faire parler au sommet du gouvernement. L’organisme cherche notamment à dénoncer le manque de transparence en matière de violence policière. En effet, aucun chiffre officiel n’est prononcé en ce sens, au contraire des données sur les policiers blessés ou tués dans l’exercice de leur fonction.

Les forces de l’ordre : un abus de pouvoir réel !

Aline Daillère, auteure de ce rapport « L’ordre et la force », s’appuie sur une enquête longue de 18 mois et revenant sur 89 cas d’utilisation excessive de la violence par les gardiens de la paix, de 2005 à 2015. Sur ce total, seuls 6 ont fait l’objet de condamnations à ce jour, alors que 26 en ont entrainé la mort. L’enquête revient donc sur des faits véridiques et peu flatteur, mais également sur cette vérité : l’Etat protège ses forces de l’ordre, et il est en conséquence difficile de poursuivre un agent pour obtenir justice.

L’association recense sur ces dix dernières années 4 décès à la suite de l’utilisation du Tazer. Dans ces quatre affaires, « la justice a conclu à l’absence de lien entre le décès et le tir de PIE (ndlr : Pistolet à impulsion électrique) ». L’usage abusif de Flash-ball est également dénoncé avec 39 personnes grièvement blessées sur cette période en France, avec là-aussi un décès. Les différentes techniques d’immobilisation sont elles-aussi mises en avant dans cette dénonciation de l’impunité des forces de l’ordre.

Les conflits entre agents de l’ordre et jeunes ont toujours existé. Le problème est certes plus profond que l’abus de pouvoir évident que dénonce ce rapport. L’objectif n’est pas de dénoncer illégitimement le travail des forces de police, il vise à promouvoir une législation qui n’est pas respectée, et que l’usage de la force ne soit pas quelque chose de nécessaire.

 

Guillaume Lanchard

Écrit par Guillaume Lanchard