Catherine, la prof de sport qui vit avec 57 chats

Catherine Da Cruz héberge chez elle une soixantaine de chats qu’elle propose à l’adoption par le biais de son association, l’association Phoenix. Son quotidien ? S’occuper de ses animaux, les soigner, en sauver d’autres. Le tout avant et après son travail de prof. Portrait.

Dans une rue calme de la ville de Santeny, dans le Val-de-Marne, qui se douterait qu’un petit pavillon cache une femme et ses cinquante-sept chats ? Une maison plutôt banale vue de l’extérieure et rutilante de propreté à l’intérieur. Pour l’instant tous les clichés sont retournés.

Catherine Da Cruz, 55 ans, accueille chaleureusement avec son grand sourire et sa voix rauque. Cette grande brune fine est l’exact opposé du personnage des Simpsons, la « folle aux chats ». Sa maison est un refuge qui n’a rien d’improvisé, l’intérieur est réservé aux chats les plus fragiles : les chatons, les plus âgés, les blessés et les handicapés… et quelques casaniers.

Les chats ont pris possession de la véranda pour se reposer à la lumière du jour (Bertille Fonteneau pour IEJ News)

Toutes les portes sont fermées pour éviter certaines rencontres et chaque pièce est munie d’une caisse à litière. À l’extérieur, « Cathy » a aménagé une cage impressionnante dont la porte reste toujours ouverte, cachant des petits poulaillers chauffés et isolés pour les chats vivant dehors, il y en a certains qu’elle ne peut même pas approcher.

La cage aménagée dans le jardin de Catherine, visible uniquement lorsqu’on passe derrière la maison (Bertille Fonteneau pour IEJ News)

Entre son emploi de professeur de sport au lycée et la tribu de chats, « Cathy » a sacrifié sa vie de famille pour apporter tout le bien-être nécessaire aux animaux. C’est devenu le plus important pour elle.

Catherine soigne les chats, leur consacre ses week-ends afin de les faire adopter, organise des sauvetages. Les sauvetages consistent à partir à la rescousse de chats abandonnés et blessés, la plupart du temps, dans des conditions plutôt extrêmes, à n’importe quelle heure, du jour ou de la nuit.

Son mari a préféré partir, ne trouvant plus sa place dans une telle organisation. Cependant, la mère de Cathy l’épaule tous les jours dans cette démarche en l’aidant notamment pour les tâches administratives. D’ailleurs, elle affirme que Cathy a toujours eu « un atome crochu » avec les bêtes « ça a commencé par les hamsters en appartement, les chiens et les chats en pavillon, il y a même eu un cheval qu’elle a toujours… »

L’intérieur chauffé de la cage du jardin, les chats en profitent (Bertille Fonteneau pour IEJ News)

Cathy se confie : « J’ai levé un peu le pied sur les sauvetages le soir, il est arrivé un moment où je me suis dis que si moi je me mettais en danger je ne pourrai plus rien faire derrière. C’est difficile à accepter. »

Elle passe 3 heures par jours à nettoyer sa maison de fond en comble, en plus de ses « deux vies professionnelles » au lycée et à l’association, elle dort environ 3 ou 4 heures par nuit.

57 chats dans un quartier pavillonaire n’est pas de tout repos. Ses voisins, la famille D., estiment son travail, mais ont des réserves : « Notre jardin est rempli de crottes de chats du matin au soir, et nous avons peur de les écraser avec nos voitures. »

Mais qu’ils n’aient crainte, le plus grand souhait de Catherine est de partir. « J’aimerais racheter un vieux corps de ferme, le rénover, créer mon propre refuge et être heureuse avec mes animaux là-bas. »

Bertille Fonteneau

Écrit par Bertille Fonteneau