Mardi soir, une mère a vu s’enfuir sous ses yeux sa fille, quittant la maison pour tenter de rallier l’Etat islamique. Faisant l’objet d’une fiche S, la jeune lycéenne s’est échappée par la fenêtre.

Les attentats de novembre ne l’ont pas freiné. Interrogée par BFM TV, la mère d’Inès confirme qu’elle ne reconnaissait plus sa fille depuis un an et « qu’elle voulait mourir ». L’été dernier, sa fille âgée de 16 ans avait déjà tenté de rejoindre la Syrie pour s’y marier avec un Français, rencontré sur internet.

Les inquiétudes de la mère n’avaient fait que s’accroitre quand, il y a trois semaines, elle avait découvert un « testament et un itinéraire précis » dans la chambre de la fille. « Le chemin disait ‘de huit heures à dix heures, gare du Nord, j’emprunte un téléphone et ensuite je fais du covoiturage jusqu’en Hollande et en Hollande, je cherche une dame chez qui je vais dormir. Je vais lui voler ses papiers et je pars ». Ces parents lui avaient confisqué son ordinateur et son téléphone de peur qu’elle contacte à nouveau des membres présumés d’une organisation extrémiste.

Lorsque la mère d’Inès apprend mardi que sa fille a emprunté le téléphone d’une copine pour passer une communication de trente minutes, elle vient la récupérer pour la protéger mais cela ne suffit pas. Ines avait déjà préparé un sac « rempli d’affaires » parmi lesquelles se trouvait un niqab et prévoyait de « ne pas aller au lycée ».

Face à son comportement, la mère affirme avoir alerté la police en vain. Selon elle, « il fallait l’arrêter, tout simplement. Il fallait qu’elle soit placée dans une structure fermée. Ils nous ont dit qu’ils ne pouvaient pas, qu’il fallait saisir le procureur de la République. Je suis donc rentrée et dès qu’on est arrivé, elle est partie… »

La police française a d’ores et déjà prévenu tous les services de renseignements européens, espérant éviter qu’un autre de ces ressortissants ne quitte le pays pour la Syrie.

Alexandre Benyahia

Écrit par alexandre.benyahia