Une élection bien différente des deux précédentes

Les élections passent et ne se ressemblent pas… Si celle de 2008 a provoqué un engouement historique avec la première élection de Barack Obama, celle d’hier a été marquée par une campagne particulièrement virulente et monopolisée par la personnalité de Donald Trump. Au point d’éclipser la possibilité d’une première femme présidente des Etats-Unis.

Première différence notable : le vote des minorités. On a longtemps imaginé les électeurs de Donald Trump comme de vieux hommes blanc des milieux ruraux, peu éduqués et marginalisés. On se rend compte ce matin que c’est faux. En partie au moins. Si  cette catégorie seulement avaient voté Trump, il ne serait jamais passé. Les Noirs, même s’ils restent très largement favorables au parti démocrate (88% contre 93% en 2012), se sont beaucoup moins mobilisés pour mettre un bulletin pour Clinton que pour Obama. Même constat pour les Latinos : leur taux de participation a chuté à 47%, même si ceux qui sont allé voter ont majoritairement voté démocrate.

© New York Times

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Ensuite, les « swing states », ces Etats qui n’ont pas de tradition de vote démocrate ou républicain et qui peuvent basculer à chaque élection. Ils ont presque tous basculé à droite cette année : Floride, Ohio, Caroline du Nord, Pennsylvanie, Iowa… Là où Clinton a dû se contenter du New Hampshire et du Nevada. En 2012, ces Etats-clés avaient basculé majoritairement démocrate, assurant la victoire au président sortant Obama.

Enfin, le taux de participation a baissé face aux années Obama. Il avait atteint un pic en 2008 avec un taux de 57,1%, il est retombé hier à 54%, montrant que l’élection n’était pas si particulière pour une large part de l’électorat. Ce malgré une campagne médiatique très agressive. Et c’est finalement la principale différence de cette élection face aux deux précédentes. Une campagne beaucoup plus virulente, des financements différents également : Trump a massivement financé lui-même sa campagne sans atteindre des sommes aussi importantes que les années précédentes. La fin d’une certaine façon de faire campagne.

Mathieu PAPION

Écrit par Mathieu Papion