Une agression terroriste visant une députée PS déjouée

Un homme a été écroué hier pour projet d’agression contre une députée socialiste. Présenté comme un musulman radical, il s’est lui-même dénoncé auprès de la plateforme anti-djihad installée par le ministère de l’Intérieur. 

L’homme de 32 ans n’était pas connu des services judiciaires pour des affaires de terrorisme ou d’islamisme. Une source proche l’a présenté comme “musulman non pratiquant“ mais il aurait fréquenté des islamistes radicaux en prison où il purgeait une peine jusqu’en février 2015 pour une affaire de trafic de drogue. Il a expliqué avoir voulu servir le djihad en attaquant la députée socialiste Seybah Dagoma, sans préciser les modalités de son attaque. On a retrouvé chez lui une masse, des douilles percutées et de la littérature islamiste radicale. Mais rien n’explique pourquoi il prévoyait d’attaquer cette députée en particulier ; ni pourquoi il s’est rendu.

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Seybah Dagoma avec BanKiMoon au siège de l’Onu en novembre 2015 Facebook / Seybah Dagoma

 

Il avait rendez-vous avec elle dans les prochains jours car il l’avait contactée pour lui présenter un « projet de web-télé ». Les circonstances demeurent floues. Seybah Dagoma a 37 ans, avocate de formation elle a été une adjointe de Bertrand Delanoé de 2008 à 2012 et depuis, députée de la 5e circonscription de Paris. A l’Assemblée, elle est membre de la commission des affaires étrangères et est la première vice-présidente du groupe Socialiste Républicain et Citoyen. Elle a également participé à la création du think-tank Terra Nova et est membre du conseil scientifique de la Fondation Jean Jaurès. Elle aime l’économie, la France et le football, elle lutte pour la protection des réfugiés, contre l’antisémitisme, le surendettement, la prostitution, mais aucune trace de lutte particulièrement engagée contre le terrorisme ou l’islamisme en général. Bien que ce soit l’affaire de tous.

Pas de raison évidente donc, de planifier une attaque contre Seybah Dagoma. Aucune possibilité de connaître les motivations de l’intéressé ni les raisons de la « bouffée de haine » dont il a parlé. Si ce n’est un problème psychologique profond et irrationnel. Toutefois, le pire a sûrement été évité.

Candice BERGERON

Écrit par Candice Bergeron