Un viticulteur condamné pour avoir coupé ses grands crus avec de la piquette

François-Marie Marret a été condamné à 7,8 millions d’euros d’amende et deux ans de prison pour avoir trafiqué ses vins de Bordeaux. 

Il a fait appel.

Image tirée du film « Ratatouille » de Disney

Le viticulteur François-Marie Marret a été reconnu coupable de trafic illégal de vin. Dans les bouteilles étiquettées sous les prestigieuses appelations Saint-Emilion, Lalande-Pomerol et Listrac-Medoc, le viticulteur glissait de la piquette mélangée à sa propre production reconnue.

Il achetait, via un négociant, du vin interdit à la vente, avant de le mélanger à sa production. Le vin  était ensuite transporté de nuit, par camion citerne. On parle ainsi de l’affaire du « vin de la lune ». Plus de 8.200 hectolitres de vin trafiqué ont été saisis par les douanes.

« Il s’agissait de surplus issus de propriétés moins cotées, vendus dix centimes la bouteille sous le manteau après les vendanges », précise France Bleu Gironde. Les vins de François-Marie Marret, aux appellations prestigieuses, étaient eux vendus 7 euros la bouteille dans les grandes surfaces.

Pour cette arnaque acidulée, le négociant Vincent Lataste a écopé de 18 mois avec sursis.

François-Marie Marret annonce qu’il va faire appel de cette décision « ahurissante ». Il s’agit en effet d’une amende record dans le monde viticole.

La dernière arnaque aux vins est vieille de 14 ans : entre 1999 et 2002, Roger Geens avait mélangé des vins de Bordeaux avec des vins du Languedoc, voire avec des produits chimiques. Le Belge avait été condamné à verser 470.000 euros aux parties civiles. Sa santé lui a permis d’éviter une peine de prison.

Juliette Vignaud

Écrit par Juliette Vignaud