Un test pour dépister l’infertilité masculine

Un autotest pour dépister soi-même l’infertilité est commercialisé depuis le début du mois de février dans les pharmacies. Malgré tout, les spécialistes doutent de son utilité.

Un test pour dépister l'infertilité masculine est mis en vente depuis le début du mois de février dans les pharmacies. (photo pixabay.com)

Un test pour dépister l’infertilité masculine est mis en vente depuis le début du mois de février dans les pharmacies. (photo pixabay.com)

Moins de 10 minutes pour savoir si vous pouvez faire un bébé. C’est l’objectif de « SpermCheck Fertilité », le premier autotest de fertilité. Conçu par des chercheurs de l’Université de Virginie, ce test est déjà disponible aux Etats-Unis, au Canada et en Grande-Bretagne. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cela marche : plus de 12 000 ventes durant la première année de commercialisation.

Comment ça marche ?

La principale cause d’infertilité masculine résulte de la faible concentration de spermatozoïdes. C’est donc l’objectif de ce test, détecter la présence d’une protéine (SP10) qui se trouve dans ces gamètes. Pour faire simple, l’utilisateur doit mélanger son sperme à une solution bien spécifique. Il verse ensuite six gouttes du liquide sur le lecteur qui recherche immédiatement la présence de la protéine SP10. A peine 10 minutes plus tard le résultat tombe, sachant qu’un résultat « positif » correspond à environ 15 millions de spermatozoïdes par ml. Si tel est le cas, deux barres rouges apparaissent, contre une seule si le test est « négatif ». Fabien Larue, directeur de AAZ, qui commercialise le produit en France assure que le test « est fiable à 98%, mais prévient : Nous le précisons bien dans la notice : quel que soit le résultat, il faut ensuite voir un spécialiste de l’infertilité.»

Les spécialistes réticents

« La fiabilité de l’autotest a été évaluée par un laboratoire d’assistance médicale à la procréation (AMP/PMA) agréé parisien, et, aux Etats-Unis, il a reçu l’agrément des autorités sanitaires (FDA) » annonce Fabien Larue. Pourtant, un résultat normal ne peut pas prouver à lui seul la fertilité de l’utilisateur. Selon les spécialistes, les causes d’infertilité sont souvent mixtes, impliquant donc l’homme et la femme et ne vient pas uniquement du nombre de spermatozoïdes. En effet, il faut récolter plusieurs autres informations comme la mobilité, la vitalité et morphologie des spermatozoïdes, ou encore le pH du liquide séminal. Pour le Pr Bujan Louis, spécialiste de la médecine de reproduction, si le test n’est pas satisfaisant il paraît primordial de « de consulter et de faire une analyse complète du sperme. » En ajoutant : « Cette vérification permettra de savoir quelle est la nature du problème et d’en rechercher la cause. »

Vendu entre 35 et 40€ en pharmacie, ce test semble être le premier d’une longue série : la société AAZ prévoit, en effet, de lancer en France un « autotest VIH » d’ici au mois de mai.

 Steven Boullé 

 

Écrit par stevia