Loi sur le renseignement, incontournable pour la traque de terroristes

Le projet de loi sur le renseignement a pour objectif de légaliser une surveillance accrue de nombreuses données numériques. Il permettrait ainsi d’avoir accès à plus d’informations, de mieux pister les groupes terroristes et d’agir plus rapidement.

Interception de SMS, d’e-mails, écoutes téléphoniques, suivi GPS…. Le projet de loi sur le renseignement prévoit une « surveillance encadrée » d’un grand nombre de données.

« Dans la phase actuelle, on est vulnérable » a expliqué Alain Duhamel, éditorialiste politique sur RTL « Tous les moyens compatibles avec l’Etat de droit sont bons. » Les attentats de janvier ont installé en France à la fois un climat de peur et une envie de lutter contre ces entités encore floues que sont les mouvements terroristes.

 Les données numériques, une mine d’or d’information

Pour les groupes djihadistes, les réseaux sociaux sont un véritable outil de propagande et un moyen pour recruter de nouveaux membres. Leur cible idéale : des adolescents un peu perdus. Le projet de loi sur le renseignement permettra de mieux comprendre ces groupes qui enrôlent des jeunes et de pister les apprentis djihadistes.

La surveillance des réseaux sociaux a déjà fait ses preuves. En octobre 2014, Assia Saidi, adolescente de l’Isère, est retrouvée par les enquêteurs grâce à son compte Facebook dans lequel elle exprime sa fascination pour le Djihad et parle de son intention de rejoindre la Syrie.

Si les parents d’Assia Saidi ont eu la chance de voir revenir leur fille vivante, ce n’est pas le cas pour beaucoup de familles. En janvier 2014, deux lycéens toulousains de 15 ans sont partis combattre auprès de groupes terroristes et ne sont jamais revenus. Depuis le 24 mars dernier, Inès Baritel, âgée aussi de 15 ans, est portée disparue. La piste du départ pour le djihad est fortement privilégiée.

Le gouvernement estime à près de 1.400 le nombre de jeunes français concernés par ces départs vers la Syrie.

Des sentinelles à Strasbourg dans le cadre du plan vigipirate de janvier 2015.

Des sentinelles à Strasbourg dans le cadre du plan vigipirate de janvier 2015

Mieux pister les terroristes

Comprendre le fonctionnement des groupes terroristes ne suffit pas, il faut aussi leur mettre la main dessus. Le projet de loi prévoit également des écoutes téléphoniques. Une démarche qui donne plus de facilité pour retrouver les terroristes.

Depuis les attentats à Charlie Hebdo et à l’Hyper Casher, les arrestations se sont multipliées et selon le Premier Ministre Manuel Valls, plusieurs actes terroristes ont été déjoués. Les chiffres restent toutefois insuffisants. Au total, il y aurait près de 3.000 potentiels terroristes à surveiller en France.

Une légalité et une rapidité d’action indispensable dans le contexte actuel

« Au-delà du renforcement sans précédent des moyens, il est indispensable de conforter les capacités juridiques d’agir des services de renseignement » a déclaré Manuel Valls. Une surveillance plus poussée et surtout plus légale, permettrait de prévenir les actes terroristes qui se préparent. Comme l’a résumé Jean Jaques Urvoas, députés PS et rapporteur de la loi : « L’action des services vise à prévenir l’exécution d’actes« .

Ainsi le projet de loi sur le renseignement, même s’il peut paraître extrême sous certains aspects, vise avant tout la protection des Français. Accroitre la surveillance permet d’agir plus efficacement face à la menace numéro un qu’est devenue le terrorisme.

Caroline Bensoussan

Écrit par camao