Ukraine: des fragiles accords à Berlin

Une ambiance de Guerre Froide hier à Berlin. La France, l’Allemagne, l’Ukraine et la Russie se sont réunies pour, enfin, décider d’un cessez-le-feu.

Hier à Berlin, les ministres des Affaires étrangères de la France, l’Allemagne, l’Ukraine et la Russie se sont entendus sur de faibles avancées pour répondre à l’escalade des combats en Ukraine. Quatre mois après l’échec retentissant du protocole de Minsk, l’urgence s’est faite sentir.

Principal accord de cette réunion, le retrait des artilleries lourdes de la zone de contact délimitée à Minsk (voir carte ci-dessous). Difficile de savoir si cet accord sera respecté après les nombreuses promesses non tenues du pouvoir russe. « Beaucoup dépendra de savoir si la question sur laquelle nous nous sommes mis d’accord n’est pas seulement valable sur le papier mais se traduit par un changement de la situation sur le terrain », explique ainsi Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères allemand.

En gris, la zone de contact désignée à Minsk le 5 septembre 2015

En gris, la zone de contact désignée à Minsk le 5 septembre 2015 ©Wikipédia

Faisant écho à cette réunion, le président ukrainien Petro Porochenko a dénoncé hier à Davos la présence de 9 000 soldats russes sur le territoire ukrainien, ainsi que des chars et pièces d’artillerie. Face à ces accusations, Vladimir Poutine a présenté des propositions pour instaurer la paix, comme le gel des positions actuelles des séparatistes. Une mesure visant à « légitimer un plan d’occupation » pour l’ambassadrice américaine aux Nations Unies.

La réunion de Berlin n’a donc pas fait évoluer les positions de chaque camp. Angela Merkel a d’ores et déjà demandé une nouvelle réunion entre les quatre acteurs à Astana (Kazakhstan) pour poursuivre les efforts en vue d’une trêve durable.

Anthony Audureau

Écrit par theoanthony