La conférence de santé que prépare le gouvernement aura lieu le 11 février, a annoncé jeudi Manuel Valls devant l’Ordre des médecins, où il a de nouveau confirmé la généralisation progressive du tiers payant, critiquée par les syndicats de praticiens.

Cette conférence, annoncée en mars dernier par le Premier ministre, doit porter notamment sur la formation des professionnels de santé. Mais trois grands syndicats de médecins, MG France, la Fédération des médecins de France (FMF) et la Confédération des syndicats médicaux de France (CSMF), ont déjà annoncé qu’ils ne participeraient pas à la rencontre, notamment pour protester contre le projet de loi de santé de Marisol Touraine, en cours d’examen au Parlement.

Le Premier ministre a de nouveau confirmé la mise en place du tiers payant (absence d’avance de frais) pour les consultations chez le médecin, mesure phare du projet de loi de santé, très contestée par les médecins. Dans son intervention devant l’Ordre des médecins, Manuel Valls s’est voulu rassurant, insistant sur la nécessité d’un dialogue.

« Le tiers payant sera simple à mettre en oeuvre »

A la tribune, le Premier ministre assure que le tiers payant « sera simple à mettre en œuvre, et que jamais un gouvernement n’était allé aussi loin dans la responsabilité confiée aux professionnels en matière d’organisation territoriale des soins ». Un avis qui n’était visiblement pas partagé par le Dr Patrick Bouet, qui avait tenu le discours inaugural du congrès. Le président de l’Ordre a rappelé que la profession avait le sentiment d’être attaquée par les pouvoirs publics :«  Les médecins ont l’impression que le gouvernement leur impose ses décisions, ce qui provoque amertume et incompréhension ». Patrick Bouet, parlant « d’année de tension », ne s’est pas fait prié pour confronté le Premier ministre aux sujets de la discorde. Tiers payant, contenu des métiers, gouvernance en région, rien n’a été laissé de côté. Le docteur a conclu en lançant au gouvernement : «  Il n’y aura de réforme durable que quand les objectifs et les moyens seront partagés ».

De nouvelles tensions à venir 

Véritable douche froide pour les praticiens, lorsque Manuel Valls a annoncé qu’il n’était pas souhaitable que les prochaines négociations conventionnelles soient « uniquement un moment tarifaire, déconnecté du contexte ». Celui, par exemple du déficit abyssal de l’Assurance maladie sur lequel il est revenu. Le Premier ministre a assuré que « le gouvernement sera ouvert au dialogue, même si il y aura des désaccords sur les tarifs médicaux ». Face à un discours médical inchangé, les représentants médicaux seront peut-être moins enclin au dialogue. Mi-novembre, un blocage sanitaire est prévu le jour du vote du Projet de Loi Santé à l’Assemblée Nationale.

Hugo Francés

Écrit par hugofrances