Textoter, Instagramer… Ne plus se parler

Nous avons, en moyenne, deux fois plus d’amis sur les réseaux sociaux que dans la vraie vie, selon une étude de Cystic Fibrosis Trust. Ces moyens de communications permettent, toujours selon cette étude, de rompre l’isolement des personnes seules, notamment parce qu’on a plus confiance en nous derrière un écran que dans la vraie vie.

La moitié des 12-17 ans se connectent quotidiennement sur les réseaux sociaux. Marie est en troisième et a 14 ans. Elle et ses amis passent leurs journées scotchés à leurs téléphones, environ trois heures par jours. Ils enchaînent les conversations sur Facebook, Twitter, et via SMS. À quoi bon se donner la peine de sortir pour se voir, ils se sont déjà tout dit… en langage 2.0. Une nouvelle paire de chaussures ? « Je la prends en photo et je l’envoie à mes amis sur Snapchat ». Une nouvelle coiffure ? On l’immortalise sur Instagram, plus d’effet de surprise ni de compliments des copains le lendemain, tout est dans les commentaires.

 

Pour Marie, les réseaux sociaux sont un moyen de communiquer plus facilement, surtout avec ses amis qui ont déménagé à l’étranger. Mais pour sa mère, les réseaux sociaux sont responsables de la baisse de ses résultats scolaires : « elle est passée de 16 à 12 de moyenne depuis qu’elle a un iPhone. Elle n’a pas de forfait avec internet mais elle se connecte via la wifi de ses amis. C’est une vraie accro, elle trouve toujours un moyen de se connecter sur Facebook et Twitter. »

Sur Instagram, les utilisateurs partagent les photos de leurs repas avec le hashtag « Foodporn »

La sortie au restaurant, erreur de débutant

Si vous avez eu l’idée d’inviter vos amis à dîner à l’extérieur, ne vous attendez pas à une soirée déconnectée. Lydia fête ses 24 ans, ce soir, dans un restaurant parisien. Ses amis font partie des 28 millions de Français qui possèdent un smartphone. Première étape : ils font un «check-in» via l’application Foursquare, dans le restaurant pour que leurs autres amis puissent savoir en temps réel où ils sont.

Lydia a laissé son téléphone dans son sac, et espère pouvoir discuter avec ses amis. Mais là, ça se complique. L’entrée arrive et il faut absolument trouver le bon angle pour photographier leurs assiettes et récolter le plus de «like » sur Instagram. L’opération est délicate. Elle demande plusieurs minutes de réflexion et sera renouvelée pour le plat principal, et pour le dessert. L’hôte de la soirée est déçue, mais elle s’y attendait :

« Aujourd’hui, on est tous ultra connectés. Une soirée au restaurant n’est plus aussi conviviale qu’avant, tout le monde est sur son téléphone, personne ne se parle. »

 

La wifi sinon rien

En France, nous sommes 19 millions à avoir un téléphone avec un forfait 3G ou 4G qui nous permet de rester connecter toute la journée. Mais Outre-Atlantique, avoir Internet sur son téléphone est un luxe. Les restaurateurs ont dû se doter de la wifi pour répondre aux demandes de la clientèle. À Montréal, rares sont les lieux qui ne proposent pas de connexion gratuitement pour que les clients puissent se connecter. C’est simple, on vous apporte la carte avec un code wifi et chacun l’enregistre sur son téléphone.

 

 

Pourtant, certaines enseignes rechignent encore à adopter ce système. Vous êtes prévenus dès l’entrée, « ici il n’y a pas Internet ». Et pour les clients qui pensent s’ennuyer sans Facebook, Instagram ou Twitter, on leur répond simplement : « parlez-vous, vous verrez, ça occupe ».

 

Laeticia Bouafia

 


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Écrit par loly