Taziana Jurdi, la reine des sushis-burritos

CEUX QUI VONT MARQUER 2018. « Entre le moment où j’ai eu l’idée et l’ouverture, il s’est passé un mois et demi. C’était très rapide. » Une ouverture rapide tout comme son succès.

Un an et demi après l’ouverture de son premier restaurant, Taziana Jurdi, du haut de ses 26 ans, possède dejà trois établissements à Paris. Un succès qu’elle doit à un concept simple et original : les sushis-burritos. « Ce sont des sushis qui ont la taille d’un burrito. En réalité, c’est latino-américain-japonais plutôt que mexico-japonais. »

Pleine de détermination, elle a élaboré huit recettes disponibles dans ses trois restaurants, répondant au nom de « Fuumi » (« goût » en japonnais). On y retrouve des sushis-burritos, mais aussi des tacos ou bowls, aussi bien pour les végétariens, les gourmands que les personnes intolérantes au gluten. « Je savais que ce concept pouvait fonctionner en France. J’habite ici depuis sept ans et je n’avais jamais vu aucun sushi-burrito. »

« Fuumi, c’est surtout un business »

Taziana Jurdi derrière son comptoir dans son restaurant, rue d’Aboukir

La jeune vénézuélienne assure bien connaître la France. Elle pose ses valises dans la capitale en 2009, lors d’un stage linguistique lui permettant d’apprendre un très bon français, malgré son accent toujours bien prononcé. Après quelques mois, elle rentre toutefois au Vénézuela.

Seulement, le contexte conflictuel la pousse vite à revenir dans l’Hexagone. En 2011, le pays connaît un record de criminalité. « Mon père m’a dit de repartir en France. »

De retour, elle s’oriente vers un CAP cuisine puis pâtisserie – elle confie avoir une passion pour les gâteaux depuis toute petite. « Quand j’étais au Vénézuela, je faisais souvent des cookies chez moi. Aujourd’hui, je continue d’en faire moi même dans mon restaurant quand j’ai le temps. »

Peu après l’obtention de son CAP pâtisserie, un ami lui envoie une vidéo publicitaire pour « Sushirrito« , un restaurant de sushi-burrito à San Francisco. Ce fut le déclic. « Quand j’ai vu cette vidéo, j’ai tout de suite appelé mon père pour lui dire que je voulais faire ça ! Il a cru au concept et m’a aidé financièrement. » Deux jours après, la jeune femme, aidé par son petit ami architecte Salvador Petruzzi, déniche un local commercial. Et entame l’aventure Fuumi.

« Fuumi, c’est surtout un business pour moi », résume Taziana Jurdi.  En l’espace d’un mois, elle élabore les recettes qu’elle fait goûter à ses amis, pendant que  son compagnon s’occupe de l’aménagement des locaux et des travaux.

L’ambiance séduit immédiatement. Aussi bien pour les produits frais et les sushis-burritos réalisés devant le client en très peu de temps, que pour l’atmosphère street art avec des murs redécorés tous les six mois par des artistes sélectionnés par les clients via les réseaux sociaux – Fuumi totalise plus de 18.000 abonnés sur Intagram.

Au point qu’à l’heure du déjeuner, il devient difficile de se dégoter une place dans les restaurants Fuumi, tous situés au coeur de Paris (rue d’Aboukir, avenue Parmentier et rue Blanche).

Si le concept a tout de suite cartonné, le couple admet des difficultés au début pour apparaître crédibles face aux fournisseurs. « Au début, les fournisseurs mettaient deux à trois jours pour nous livrer les produits. Du coup, je me déplaçais chaque matin chez Metro. Aujourd’hui, avec le succès de Fuumi, quand j’ai un problème ou un retard de livraison, c’est le responsable commercial qui nous livre en personne les produits. »

Ce succès n’étonne pas Paul Fedele, rédacteur en chef du site spécialisé France Snacking : « C’est dans l’air du temps. C’est un concept qui se classe dans le fast-casual : c’est endroit où on mange bien, où il y a du confort. Il répond aux critères de la restauration moderne. On fabrique votre repas devant vous. Un concept nomade où le rapport qualité prix est correct, le tout dans un cadre sympa, ce sont les ingrédients pour que Fummi remporte pas mal de succès. »

2018, l’année de Fuumi

Dépassé par l’engouement de leur concept, le couple a récemment opté pour franchiser leur marque. Plusieurs adresses doivent ouvrir à Paris en ce début d’année, ainsi qu’à Lyon et à Lille.

Malgré l’éloignement et son emploi du temps surchargé, Taziana Jurdi assure ne pas oublier ses proches resté au Vénézuela. Même si le côté business women l’emporte. « Je vais bientôt me rendre aux États-Unis pour voir ma famille mais aussi pour ouvrir deux franchises : une à Orlando avec mon père, et une autre à Miami, avec une amie à moi. »

Avec son activité, la jeune femme n’a que très peu de temps pour elle – « en ce moment je dors quatre heures par nuit. » En plus de ses restaurants, elle propose ses produits à des entreprises comme Louis Vuitton lors d’événements.

Cette année s’annoncer chargée pour Fuumi. « D’ici un an, nous espérons avoir 8 à 10 restaurants. Et pourquoi pas un jour revenir au Vénézuela avec notre concept. »

 

Julien Coussy de Montella et Thomas Herreman

Écrit par Thomas Herreman