Steve McQueen, Icare en Ferrari

Il y a 35 ans décédait Steve McQueen, roi du cinéma américain et père de la course automobile sur grand écran. L’occasion de revenir sur la genèse du documentaire The Man & Le Mans, dévoilé dans une semaine et portrait de l’acteur à travers un film qui bouleversa sa vie en 1971, Le Mans.

 

Vingt minutes, aucun dialogue. Plusieurs gros plans sur un levier du vitesse dansant sur ses gonds, des rugissements de moteurs, des grognements, de la sueur. Pour l’entame de « Le Mans », son film le plus ambitieux, Steve McQueen avait vu grand. « Mon père tenait à ce que Le Mans devienne un documentaire sur la course automobile, pas un film de fiction, déclarait il y a peu son fils Chad au Monde. Le film saisit l’essence de la course automobile, ce sont les images les plus spectaculaires jamais tournées dans le genre. » De l’échec de cette bobine dont il n’était pourtant pas le réalisateur, se trouve très probablement le point de départ de la chute de l’acteur américain. Alors superstar internationale, le bonhomme prend les rennes de la mise en scène, obsédé par son objectif de surpasser le Grand Prix de son voisin James Garner. L’histoire raconte même qu’il avait pris l’habitude d’uriner sur la pelouse de son rival une fois la nuit venue, « comme tu l’as fait sur mon film« .

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McQueen doit être meilleur. Il dispose pour la première fois des caméras sur le bas de caisse de ses bolides, organise – comme à son habitude – lui-même ses cascades, mais peine à convaincre les investisseurs. L’homme enfonce les portes et s’enlise dans l’histoire d’un film qui devient son tombeau :

« Son projet pour Le Mans était une aventure visionnaire, explique le documentariste John McKenna. Il voulait explorer des contrées que personne n’avait visitées avant lui. Etre, en même temps, producteur, acteur et pilote. Utiliser toutes les technologies pour donner un sentiment d’immersion, un peu comme Gravity l’a fait récemment avec l’espace. » 

Seulement, à rouler trop vite, le géant fait surchauffer le moteur. Pas de relations amoureuses, une intrigue générale sacrifiée à l’autel de sensations de courses toujours plus réalistes, et des scénaristes qui se cassent les dents tour à tour. Échec de sa vie et première étape de la perte de son « feu sacré », McQueen n’aura finalement répondu pendant plusieurs mois qu’à l’unique crédo de son invention : « Seule la course vaut d’être vécue. Pendant le reste de son existence, on ne fait qu’attendre. »

 

 

 

 

 

 

Écrit par theo.denmat