Sites éternels : Archéologique, historique, et numérique

Depuis le 14 décembre 2016, le Grand Palais accueille l’exposition « Sites éternels ». Objectif : faire découvrir grâce au numérique certains des plus beaux sites archéologiques du Moyen Orient actuellement menacés par l’État Islamique.

« Sites éternels » n’a pas pour unique but de plaire. L’exposition montre au visiteur la fragilité du patrimoine archéologique moyen-oriental en danger. Premier rappel à l’ordre : la destruction à coup d’explosifs des Bouddhas géants de Bâmiyân (Afghanistan), en 2001. Vient ensuite le temps de la visite, dans le calme, qu’accompagnent juste quelques notes de luth.

Quatre sites mis en valeur

Scannés en urgence à l’aide de drones, puis modélisés par la start-up française Iconem, quatre sites classés sont rendus « éternels ». Le visiteur est immergé en plein milieu de La cité de Palmyre (Syrie), les vestiges de la ville assyrienne de l’actuelle Khorsabad (Irak), la Grande Mosquée des Omeyyades de Damas (Syrie), et le Krak des Chevaliers, ancienne forteresse militaire (Syrie). « C’est très immersif ! Les images sont vraiment très réalistes donc au beau milieu de cette pièce, on voyage », commente un visiteur.

Chaque lieu est introduit par une carte, puis accompagné de croquis, photos d’archives.

À chaque site est associé au milieu de la pièce, une colonne de texte, expliquant le passé du lieu, et une petite frise chronologique, pour lui laisser son histoire. C’est aussi pour cette raison que l’exposition n’est pas seulement numérique. À côté des projections et des tablettes tactiles, certains documents, objects d’art, sont exposés et reliés aux monuments, pour souligner l’importance de l’original, du vrai. « Ce qui est bien avec les expositions c’est ce côté ludique. En plus maintenant avec le numérique c’est bien présenté ! » Un deuxième rappel pour le visiteur : il est facile de se perdre dans le virtuel.

Chaque détail est à sa place, chaque texture, pierre cassée, relief… a été reproduit. Entouré par les images, on pourrait s’imaginer dans la court de la Grande Mosquée, ou devant les colonnades de Palmyre « On dirait qu’il ont pris les vrais, puis qu’il les ont miniaturisés ! » « Je suis allé à Palmyre il y a une dizaine d’années. Je reconnais ici tout ce que j’ai vu là bas », témoignent des visiteurs.

Une morale

Dans la dernière salle, au milieu d’un petit « cabinet de curiosités », le visiteur est laissé sur une question : « Reconstruire, restituer ? ». Une ruine est un témoignage de l’histoire du monument. Alors serait-il vraiment logique de reconstruire ? Néanmoins « il ne faut pas juste scanner les sites en zone de guerre. Il faudrait faire ça avec tout les monuments du monde ! Regardez au Nepal, le tremblement de terre à endommagé beaucoup de vieux monuments de Katmandou ! Et puis rendre tout ça accessible gratuitement c’est une très bonne idée » insiste un visiteur à la fin de l’exposition.

Au Grand Palais, les monuments tels qu’ils étaient avant la guerre deviennent effectivement « éternels ». Mais l’exposition ne l’est pas ; elle prend fin le 9 janvier 2017.

Damien Espona

Écrit par Damien Espona