Sarkozy dénonce un « affaiblissement de l’Etat »

Dans une interview donnée au Parisien ce mardi matin, l’ex-président s’insurge contre la justice française après la divulgation de son nom dans l’affaire Air Cocaïne. En plus de demander des comptes, le chef des Républicains propose des nouvelles mesures de sécurité au gouvernement.

 

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Désengorger les services de police : un des objectifs de Nicolas Sarkozy. Source : Wikipédia commons

 

Alléger les missions de la police

Un interview qui tombe à pic. Nicolas Sarkozy égrène son avis en matière de sécurité le même jour que la convention organisée par son parti sur le même sujet. « Il n’y a plus d’autorité de l’Etat », dénonce-t-il. Pour remédier à la situation, l’ancien chef d’Etat propose des mesures drastiques. Question justice, Sarkozy propose d’alléger les tâches de la police et de la gendarmerie. Pour se faire, « tout ce qui est périphérique et secondaire » devra être transféré au privé. Comme « les procurations pour voter ou la surveillance d’un certain nombre de bâtiments publics » qui seraient ainsi gérées par des entreprises. Nicolas Sarkozy suggère également que les sociétés d’autoroute gèrent elles-même la sécurité sur les routes.

 

La création d’un « grand ministère de la sécurité publique »

Renforcer les compétences du ministère de l’intérieur, tel est l’objectif affiché du chef des Républicains. Pour cela, il propose de créer « un grand ministère de la sécurité publique qui assurerait la coordination de toutes les forces de sécurité en France ». Ce ministère, pour l’instant utopique, devrait regrouper toutes les forces de sécurité publique, incluant les fonctionnaires des douanes et les gardiens de prison, jusqu’ici rattachés au ministère de la Justice.

 

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Nicolas Sarkozy au sommet du G20. Source : Wikipédia commons

 

Sévérité extrême pour les trafiquants et les djihadistes français

Les mesures qui devraient le plus séduire ses partisans seraient ; l’interdiction de séjourner dans leurs quartiers pour les trafiquants de drogue à l’issue de leur peine, le rétablissement de peines planchers élargies, et la suppression des remises de peine automatiques. L’ancien chef de l’Etat se dit par ailleurs favorable à l’incarcération automatique de tous les Français de retour des zones de djihad, ainsi que leur placement dans un centre de « déradicalisation » s’ils présentent un danger à l’issue de leur peine.

 

 

Une interview sous le signe de la colère et de la force

Il n’aurait jamais dû emprunter ce fameux Falcon 50… En effet, Nicolas Sarkozy se retrouve aujourd’hui associé à l’affaire Air Cocaïne. Son téléphone a été géolocalisé et ses factures épluchées par le juge en charge de l’affaire. Des mesures qui mettent en rogne l’ancien chef d’Etat : « Qu’imagine-t-on ? Que j’étais à Punta Cana sur 700 kg cocaïne ? », s’indigne-t-il dans l’interview. Des révélations qui signent le grand retour de l’avocat de Sarkozy, Thierry Herzog, auquel il a confié le soin d’écrire une lettre aux magistrats de Marseille. D’ici-là, Nicolas Sarkozy compte bien occuper une place de choix sur la sphère médiatique en vue des élections de 2017.

 

Ariane Cairoli

Écrit par arianec