Sarkozy à Moscou, le volte face assumé

Nicolas Sarkozy rendait visite à Vladimir Poutine à Moscou ce jeudi 29 octobre , l’ancien chef de l’Etat affiche son désaccord avec François Hollande, dont il dénonce l’intransigeance face au gouvernement moscovite. Pourtant sous son quinquennat  Nicolas Sarkozy se montrait très ferme à l’égard de la Russie…

« La séparation entre l’Europe et la Russie est un drame », proclamait Nicolas Sarkozy en février dernier. Ce jeudi, le président du parti « Les Républicains » joint le geste à la parole en se rendant à Moscou, où il a rencontré Vladimir Poutine. Une attitude tranchée et assumée puisqu’elle est en totale désaccord avec celle du président François Hollande. Le président de la république avait opté pour la fermeté à l’égard de son homologue russe lors du conflit Ukrainien.

Pourtant en janvier 2007 Nicolas Sarkozy durcissait le ton face au Kremlin. Non-respect des droits de l’Homme, crimes en Tchétchénie, attitude vis-à-vis de ses anciens pays satellites, meurtre de la journaliste Anna Politkovskaïa : rien n’échappe aux semonces du candidat UMP. « Je n’accepte pas ce qui se passe en Tchétchénie, parce que 250.000 Tchétchènes morts et persécutés ce n’est pas un détail dans l’histoire du monde (…) Je n’accepte pas la répression contre les journalistes que l’on assassine ».

Puis en 2012, dernière année de son mandat, Nicolas Sarkozy s’empresse de saluer la réélection de Vladimir Poutine à la présidence, dont même son ministre des Affaires étrangères, un certain Alain Juppé, estime pourtant qu’elle « n’a pas été exemplaire ». « Je me serais contenté de prendre acte », tacle François Hollande, alors candidat à la présidentielle. « Un virage à 180 degrés », déplorera en 2010 Alain Glucksmann, qui l’avait pourtant soutenu en 2007 pour ses positions pro-tchétchènes. Ce qu’Arnaud Dubien, directeur de recherche à l’Iris, analyse en ces termes : « Nicolas Sarkozy et la Russie, ou le triomphe de la Realpolitik ».


Séphora Benazouz

Écrit par sephorabenazouz