(Saad Hariri a annoncé sa démission le 4 novembre dernier depuis l’Arabie Saoudite)

Trois semaines, après sa démission surprise, Saad Hariri a quitté la France mardi 21 novembre, où il a rencontré Emmanuel Macron, pour se rendre en Egypte puis à Chypre avant de rentrer au Liban à l’occasion de la fête nationale.

Démissionnera? Démissionnera pas? Saad Hariri, Premier ministre libanais, vient de « mettre en suspens  » sa démission. Son intention de démissionner annoncée il y a trois semaines, depuis Ryad, fait vaciller la stabilité politique du Liban. Un feuilleton qui dure, sur fond de tensions entre l’Iran et l’Arabie Saoudite. 

Clarifier sa démission

Saad Hariri, revenu à l’occasion de la fête nationale, devait clarifier sa situation à l’heure où de nombreux responsables politiques libanais s’inquiètent des mystérieuses conditions dans laquelle sa démission a été annoncé. Le président Michel Aoun, proche du pouvoir iranien, avait notamment déclaré que le Premier ministre Hariri était « détenu en otage » par les pouvoirs saoudiens. Saad Hariri avait répliqué en avançant « craindre pour sa vie » à l’heure où le « Hezbollah déstabilise son pays ». Pour l’heure, le Président libanais espère encore que le Premier ministre démissionnaire reviendra sur sa décision. Une situation dont Emmanuel Macron s’est saisi pour établir à nouveau la diplomatie française dans la région.

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Jeu d’influences

L’annonce de la démission de Saad Hariri illustre la tension grandissante ces dernières années entre l’Iran et l’Arabie Saoudite. Depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri , père du Premier ministre démissionnaire, le pays du cèdre est la principale victime du rapport de force opposant les deux Etats qui dominent la région.

Lors d’une réunion extraordinaire de la Ligue arabe, le 18 novembre dernier au Caire, Adel Al-Jubeir, ministre des Affaires étrangères saoudien, a déclaré que Ryad « ne resterait pas les bras croisés » face à la politique « agressive » de l’Iran. Le chef de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit, en déplacement à Beyrouth, a appelé lundi à « préserver le Liban des conflits régionaux ».

Dans son discours traditionnel à la veille de la fête de l’indépendance, le Président Michel Aoun a appelé les libanais « à l’unité » et à « apaiser les tensions ». « Si la situation empire, cela n’épargnera personne » a t-il prévenu.

Ce mercredi, jour de fête nationale au pays du cèdre, Saad Hariri doit s’exprimer devant le peuple libanais, inquiet depuis le 4 novembre dernier, et l’annonce de sa démission.

Pierre-Alexis Jemin

Écrit par IEJ3B