Rwanda : la justice française clôt une enquête qui date de 1994

Photo : Le président rwandais Habyarimana, victime de l’attentat de 1994 (crédit : Wikimedia Commons)

La justice française clôt l’enquête qui tend les relations entre le Rwanda et la France depuis 19 ans.

Une bonne nouvelle pour renouer le dialogue entre France et Rwanda. Les juges antiterroristes français ont clos mercredi 20 décembre l’enquête sur l’attentat de 1994 contre le président rwandais Habyarimana. Une affaire qui empoisonne les relations diplomatiques entre les deux pays depuis 19 ans.

Cet attentat est considéré par l’opinion comme le déclencheur du génocide contre les Tutsi qui fit 800 000 morts, a rapporté ce jeudi l’Agence France-Presse, de source judiciaire proche du dossier.

C’est désormais au parquet de Paris de réclamer aux juges la tenue d’un procès ou l’abandon des poursuites contre les sept personnes mises en examen, issues du clan de l’actuel président rwandais, Paul Kagamé.

Faute de témoin fiable

 

Au Rwanda, les positions paraissent claires mais pourtant elles s’effritent. Après l’attentat de 1994, une commission d’enquête rwandaise a imputé la responsabilité de l’attaque terroriste aux extrémistes hutus qui voulaient se débarrasser du président de l’époque, lui-même hutu mais jugé trop modéré par les extrémistes.

Tout comme en France, les preuves sont insuffisantes pour la justice rwandaise. Les témoins se font rares et ne sont guère convaincants, « cet énième témoin n’a pas dû être aussi convaincant que certains avocats l’ont dit », a commenté Mr Bernard Maingain, conseiller des sept personnes mises en examen.

La décision des juges est « logique et inéluctable, compte-tenu des obstructions diplomatiques et politiques » du Rwanda notamment, a réagi, pour sa part, Mr Philippe Meilhac, avocat de la veuve Habyarimana.

 

Jules Montané

Edité et illustré par Cyrine Ben Romdhane

Écrit par IEJ3B