Frédéric Michalak : Itinéraire d’un rugbyman atypique

Frédéric Michalak pendant le match entre le Stade toulousain et le RC Toulon (crédit photo: Pierre Selim)

Lors d’une conférence de presse, l’ancien demi d’ouverture des Bleus, au palmarès énorme, a annoncé qu’il mettrait un terme à sa carrière à la fin de la saison.

Clap de fin pour Frédéric Michalak. À 35 ans, le demi d’ouverture du LOU (Lyon) a annoncé lundi 18 décembre que cette saison sera sa dernière en tant que joueur. «Après une longue réflexion et après une offre du club – je le remercie énormément pour ça -, je mettrai un terme à ma carrière à l’issue de cette saison », a-t-il expliqué. L’occasion de revenir sur la carrière de ce joueur atypique dont le parcours fut mouvementé.

Pur produit toulousain

Arrivé à l’âge de 7 ans, Frédéric Michalak a franchi tous les paliers de l’école toulousaine pour arriver au plus haut niveau. Après un titre de champion de France avec les cadets en 1998, ainsi que deux en crabos, il rejoint le groupe professionnel en 2001. Éblouissant par sa vision du jeu et ses qualités d’évitement, il se révèle à la France entière en devenant titulaire en quelques matchs avec le Stade Toulousain, mais surtout en décrochant le titre après une finale face à Clermont. S’il débute en tant que demi de mêlée, il est aussi capable de jouer à l’ouverture. C’est d’ailleurs à ce poste qu’il se fixe par la suite, et avec lequel il remporte deux Coupes d’Europe, en 2003 et 2005.

Ensuite, il se brouille avec Guy Novès et décide de s’expatrier en Afrique du Sud, chez les Sharks de Durban, avant de retourner sur sa terre natale et de décrocher un titre européen (2010) et un Brennus (2011). Le demi-polyvalent, en manque de défi, revient à Durban pour une courte pige. Il ira en finale de Super Rugby avec les Sharks, qui échoueront face au Chiefs (37-6). En 2012, il est appelé par Mourad Boudjellal pour rejoindre les rangs toulonnais. Michalak y connaîtra quelques belles années (triplé continental entre 2013 et 2015, Brennus 2014), mais n’aura jamais pu s’imposer en tant que titulaire, bloquer par Jonny Wilkinson et Matt Giteau. Aujourd’hui à Lyon, il vit sa dernière saison sur les pelouses du Top 14.

Une carrière en bleu tumultueuse

Titularisé en 10, il éclate aux yeux de la planète ovale lors du mondial de 2003. Suite au naufrage contre les Anglais en demi-finale, il est la cible des détracteurs et des critiques. Comme souvent, en France, c’est la faute du demi d’ouverture quand les choses vont mal. Son mauvais jeu au pied le suivra toute sa carrière internationale, jusqu’en 2007, où il perd sa place de titulaire indiscutable. Il n’est plus appelé en Bleu lors de l’ère Lièvremont (2007-2011), mais revient sur les devants de la scène, à la demande de Philippe Saint-André, pour le Mondial 2015 en Angleterre.

Son dernier match avec le XV de France ? L’humiliation subie contre les All Blacks (62-13), en quart de finale, durant lequel il se blesse à la 10e minute. Une partie à l’image de sa carrière, qui connaîtra des hauts des bas, malgré 77 sélections et un titre de meilleur réalisateur de l’histoire des Bleus avec 436 points (devant Christophe Lamaison et Dimitri Yachvili). Véritable génie de ce sport, Frédéric Michalak aura subi les changements d’un rugby de plus en plus physique et brutal. Souvent blessé, un profil léger comme le sien (1,82 m, 87 kg) se fait de plus en plus rare.

Maxence Vanhille

Illustré par Mané Alexanian

Écrit par IEJ3B