Syrie : Bachar al-Assad peut-il être poussé vers la sortie ?

Ce vendredi 30 octobre à Vienne a débuté un nouveau sommet pour tenter de régler le conflit syrien. A la table des négociations, 11 Etats discutent des solutions à adopter. Cette réunion peut-elle parvenir à exclure la tête du gouvernement syrien et ainsi espérer étouffer la guerre qui y dure depuis déjà plus de quatre ans ?  

Sommet de Vienne - Iran

Javad Zarif, chef de la diplomatie iranienne (au centre), le 30 octobre à Vienne (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP PHOTO)

La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Liban, l’Egypte, la Turquie, l’Arabie Saoudite doivent désormais faire avec l’Iran, nouveau venu dans ce sommet. L’arrivée de l’Iran dans la discussion est-elle réellement significative ? Selon Karim Bitar, directeur de recherches à l’IRIS, « le fait que les Saoudiens [ennemis jurés de Bachar al-Assad, NDLR] aient accepté la présence des Iraniens est déjà significatif. C’est pour cela qu’on peut s’attendre à ce que ne ce soit pas une réunion pour rien.« 

«La seule solution pour trouver une solution à la crise syrienne, c’est de mettre le plus d’acteurs possible autour de la table»

Pourtant, cela ne semble pas jouer en la faveur de l’Europe ou des Etats-Unis, qui prônent la sortie de Bachar El-Assad face à la Russie… et l’Iran. En effet, ce nouveau venu semble plutôt être un obstacle à la volonté de la grande majorité des acteurs présents.

Alors que les discussions s’organisent autour d’un nouveau gouvernement syrien, il y a fort à parier que «les Russes et les Iraniens proposeront une période de transition très longue, qui finirait par s’éterniser», jouant alors en la faveur des fidèles alliés de la Syrie. «C’est une bonne chose que nous nous rencontrions malgré les différences de propos. Il y aura sûrement plusieurs sessions», confie Laurent Fabius.

Le débat ne sera donc pas conclu d’aussitôt. Pendant ce temps, les affrontements des hommes d’Al-Assad face aux multiples factions ont déjà fait plus de 250.000 morts et des millions de réfugiés.

Maximilien Cagnard

Écrit par jolivier.busi