Le patronat et les syndicats terminent aujourd’hui l’accord trouvé il y a deux semaines sur les retraites complémentaires. Ils prévoient de nombreuses réformes pour 2016. Mais comment fonctionnent elles ? Point sur les grandes lignes de ce système.

Avec toutes ces réformes, les conditions ont beaucoup changé. Première question que l’on se pose : A quel âge peut on officiellement partir à la retraite ? Pour pouvoir être à la retraite et demander une pension, il faut (selon la dernière réforme), être âgé de 62 ans minimum pour les personnes nées à partir de 1955. Pour les générations qui se situent entre 1951 et 1955, cela varie entre 60 ans et 4 mois ainsi que 61 ans et 7 mois précisément.

La durée de cotisation quant à elle, est de 172 trimestres, c’est à dire l’équivalent de 43 années complètes. Il faut avoir cotisé pendant ce nombre exact d’années pour partir avec une retraite « à taux plein », soit au maximum de sa pension. Pour ceux nés entre 1948 et 1955, le nombre de trimestres augmente petit à petit. Il est néanmoins possible de partir sans avoir cotisé l’intégralité de ces trimestres mais le montant de la pension sera alors diminué. Il faut aussi noter que si une personne travaille jusqu’a l’âge de 67 ans, elle aura le droit quoi qu’il arrive, à une retraite à taux plein, peu importe le nombre d’années validées. En ce qui concerne la fonction publique, l’âge minimum de départ à la retraite varie selon la catégorie : sédentaire ou active. Il y a des dérogations à cette condition d’âge.

Vous vous demandez sûrement comment est calculé le montant de la pension ? Une fois qu’une personne atteint l’âge minimum de départ, elle peut décider de partir à la retraite. La pension qu’elle touchera dépendra notamment du secteur (public ou privé) dans lequel elle travaille, ainsi que de son salaire ou traitement. Par exemple, pour calculer le montant de la pension que touchera un fonctionnaire (secteur public), quatre aspects vont être pris en compte : son revenu brut sur les six derniers mois de sa carrière (sans ses primes), le nombre de trimestres validés (cotisés, rachetés ou obtenus au cours d’une période de chômage ou maternité), le taux de liquidation (le fonctionnaire touchera maximum 75% de la moyenne de son traitement sur les 6 derniers mois) et le coefficient de décote ou de surcote qui dépend du nombre de trimestres validés. Dans le secteur privé, on prend en compte seulement le salaire annuel moyen sur les 25 années les plus avantageuses de la carrière et le taux de la pension (le nombre de trimestres cotisés sur 172 soit le nombre de trimestres pour prétendre à une pension de retraite à taux plein. Ce taux peut atteindre 50% au maximum.

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Mais qu’en est il alors de la retraite complémentaire ?

Elle ne concerne que le secteur privé. Les salariés cotisent obligatoirement à au moins une caisse de retraite complémentaire. Il y a l’Arrco, (Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés) commun à tous les salariés du secteur privé, c’est la caisse de référence des retraites complémentaires et l’Agirc (Association générale des institutions de retraite des cadres), caisse réservée aux cadres du secteur privé, qui cotisent aussi à l’Arcco. Ces différentes retraites complémentaires doivent compenser les prestations du régime de base, moins avantageuses que dans le public.

Il faut savoir que la cotisation dépend du salaire. En travaillant, le salarié cumule des points. Pour les non-cadres, le taux de cotisation est de 7,75% pour la partie du salaire inférieure ou égale à 3170 euros, puis 20,25% entre 3170 et 9510 euros. Pour les cadres, le taux de cotisation est de 20,55% au-delà de 3170 euros.

Il ne faut pas oublier les prélèvements sociaux. Pour calculer le montant de sa retraite complémentaire, le salarié multiplie le total de ses points par la valeur d’un point. En 2015, la valeur du point Arrco est fixée à 1,2513 euro et celui de l’Agirc à 0,4352 euro. Le résultat correspond au montant brut annuel de sa retraite complémentaire. Pour obtenir le montant net, le salarié doit retirer du montant brut les prélèvement sociaux: le taux de cotisation à l’assurance maladie est de 1%, celui de la contribution sociale généralisée de 6,6%, de la contribution au remboursement de la dette sociale 0,5% et de solidarité pour l’autonomie de 0,3%.

Qu’est ce que change la réforme des retraites complémentaires ? Les syndicats et le patronat ont trouvé un accord sur un système de « bonus-malus » qui a pour objectif de sauver les caisses de retraites complémentaires. Il fixe l’âge auquel un salarié pourra toucher une retraite complémentaire à taux plein à 63 ans. Si le salarié décide de partir à la retraite à 62 ans et sollicite sa retraite complémentaire à ce moment-là, sa pension complémentaire sera minorée, à hauteur de 10% les deux premières années de retraite. Au contraire, si un salarié décide de prolonger sa carrière au-delà de 63 ans, sa pension complémentaire sera dopée de 15% les deux premières années et 25% la troisième année, lorsqu’il partira à la retraite.

 

Clara Tellio

Écrit par claratellio