Référendum en Turquie : la démocratie à géométrie variable

Recep Tayyip Erdogan, remporte son pari. Le président turc a revendiqué, dimanche 16 avril, la victoire du « oui » avec 51, 4% des voix au  référendum de la Constitution, marquant le passage d’un régime parlementaire vers un régime présidentiel. Les oppositions citoyennes et politiques dénoncent une entrave à la démocratie.

Un texte contraire aux principes démocratiques

« La Turquie a pris une décision historique au sujet de son système de gouvernance, a lui-même déclaré, peu de temps après, le président Erdogan lors d’un discours à Istanbul. En substance, le projet de réforme constitutionnelle entend supprimer le poste de Premier ministre. Ses pouvoirs seront conférés au Président qui deviendrait le chef de l’exécutif. Ce texte vise aussi à faire coïncider les dates des élections législatives et présidentielles. La Constitution de 1982 garantit l’indépendance de la justice. Dans ce projet, le Président et le Parlement interviendront directement dans la nomination de membres du Haut-Conseil des juges et procureurs, chargé de nommer et de destituer les magistrats. C’est un véritable renforcement des pouvoirs dans les mains d’un seul homme. Les observateurs de la vie politique turque s’insurgent contre cette atteinte aux principes républicains.

L’opposition turque crie au scandale

Nous allons nous pourvoir devant le Conseil d’Etat pour obtenir l’annulation de la décision de l’YSK d’autoriser les bulletins de vote non estampillés

Cette réforme rend possible une présidence de Recep Tayyip Erdogan jusqu’en 2029. Ce n’est pas sans compter sur le CHP (Parti républicain du peuple). Les opposants au régime affirment avoir décelé une irrégularité électorale. Les cadres du parti contestent la légalité d’une décision de dernière minute du Haut-Conseil électoral (YSK). Elle considère comme valides les bulletins de vote non marqués du sceau officiel, affirmant qu’ils pourraient avoir favorisé la victoire du camp du oui. L’YSK avait rejeté mercredi un premier recours. « Nous allons nous pourvoir devant le Conseil d’Etat pour obtenir l’annulation de la décision de l’YSK d’autoriser les bulletins de vote non estampillés », a affirmé le vice-président du CHP, Bülent Tezcan, dans un communiqué cité par la chaîne CNN-Türk.es

Écrit par Antoine Touron

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