L’affaire Kerviel revient. Cet employé de la Société Générale, poursuivi en justice pour “faux et usage de faux, abus de confiance, atteinte au système de traitement automatisé des données” avait engagé frauduleusement plus de 50 milliards d’euros. Six ans après sa condamnation, un nouvel élément vient tout remettre en question.

“Quand vous en parlez, tous les gens qui sont un peu dans la finance, ils rigolent, sachant très bien que la Société générale savait. (…) La Société générale savait, savait, c’est évident, évident” Voici les propos recueillis par Médiapart de la part de la magistrate Chantal de Leiris. Ces propos enregistrés à son insu contredisent la position de la Société Générale dans l’affaire, appuyant les propose de Jérôme Kerviel : En 2015, l’ancien trader fait le trajet à pied entre Rome et Paris, pour dénoncer les “dérives de la finance”. Il affirme que la Societé Générale savait parfaitement ce qu’elle faisait, et les contre-attaque en justice pour “faux” et “escroquerie au jugement”. Cette plainte à engendré une nouvelle instruction. Le juge Roger Le Loir, chargé de l’affaire entend Nathalie Le Roy, policière de la brigade financière. Cette dernière affirme qu’ à l’occasion des différentes auditions et des différents documents que j’ai pu avoir entre les mains”, elle a “le sentiment, puis la certitude, que la hiérarchie de Jérôme Kerviel ne pouvait ignorer les positions prises par ce dernier ».

La responsabilité de la Societé Générale reste une zone d’ombre. En 2012, des témoins ont évoqué l’intention de l’entreprise de “charger” le compte de Jérôme Kerviel. Elle confie avoir été bloquée par la banque et ne pas avoir pu mener son enquête comme elle l’entendait.

La demande de révision de la condamnation de Jérôme Kerviel est soutenu par plusieurs personnalités dont Eva Joly.

 

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Esther BASSINGHA

Écrit par Esther Bassingha