RD Congo : Les raisons de la colère

Le pays vient de connaitre plusieurs jours d’émeutes sanglants marqués par le décès de 28 personnes. Les jeunes Congolais ont fait part de leur opposition au projet de loi électorale et le possible maintien au pouvoir du président Joseph Kabila. Ce Vendredi midi, le Senat a adopté l’article 8 mais dans une version amendée. Retour sur une semaine de chaos. 

Le peuple dit non

 Après son adoption par l’Assemblée Nationale le 17 janvier, le Sénat devait à son tour étudier le texte de loi qui prévoit qu’un recensement de la population soit tenu avant les prochaines élections. L’opposition parle d’un « coup d’Etat constitutionnel » et y voit une manipulation du président Joseph Kabila – en place depuis 2001 – visant à reporter les prochaines présidentielles prévues pour fin 2016. Dans une moindre mesure, ils craignent son maintien au pouvoir lui qui ne peut cumuler un troisième mandant avec la constitution actuel du pays.

De Kinshasa à Goma, le pays s’enflamme

 Le bilan de ces protestations est considérable : 11 morts selon les autorités, 28 selon une organisation congolaise de défense des droits de l’homme, et 343 arrestations. De nombreuses mairies ont été incendiées et des pillages ont eu lieu dans 2 des villes les plus importantes du pays. « 26 personnes dont deux leaders, Vital Kamerhe et Jean-Claude Muyambo se trouvent bloqués dans ce bâtiment où ils préparaient la première grande offensive de l’opposition » déclare l’Union pour la Nation congolaise (UNC), troisième parti d’opposition au Parlement.
Mercredi en début de journée les accès à Internet, services 3G et les SMS étaient indisponibles. Plus tard, les médias Radio France Internationale et France 24 ont été privés d’antenne sous ordre des autorités. La plupart des écoles étaient fermées et de nombreux manifestants pourchassés jusqu’à leur domicile. Dans la soirée, le calme était de retour dans la capitale du pays.

Le Senat revoit la loi

 Ce midi, le Sénat a voté à l’unanimité la révision de la loi. Le recensement de la population n’est plus lié aux prochains scrutins. Si les sénateurs veulent jouer la carte de l’apaisement, l’opposition appelle à rester vigilant.

Kevin Mbenza

Écrit par kevandhouss