Radio France : les raisons de la grève

Les journalistes et le personnel de la Maison de la Radio entament leur treizième jour de grève en ce mardi 31 mars 2015. La veille, le lundi 30 mars, les syndicats ont décidé de reconduire le mouvement contre la réduction d’effectifs. Retour sur les raisons de cette grève.

Depuis le jeudi 19 mars, la Maison ronde est en grève contre la réduction d’effectifs. La direction a annoncé le mardi 24 mars, le départ volontaire de près de 300 personnes. Il s’agit de faire une économie de 24 millions de masse salariale d’ici 2019. Le déficit de Radio France s’élève à 21,3 millions d’euros. La direction doit économiser 50 millions d’euros. Ces mesures d’économie inquiètent les syndicats.

Si le coût des travaux du bureau du directeur a un peu plus tendu l’atmosphère qui régnait déjà dans l’entreprise, il n’est pas ce qui a provoqué l’appel à la grève. Le préavis était en effet déjà déposé pour le jeudi 19 mars. La grève est reconduite de jour en jour depuis. Ce mardi 31 mars 2015 est le treizième jour de grève consécutif sur les ondes de Radio France.

Les syndicats ont reconduit la veille le mouvement lors d’une assemblée générale rassemblant une centaine de personnes. Ces restrictions concernent surtout les techniciens, les producteurs et le personnel de maintenance. Leurs revendications  portent sur les externalisations d’activités, la réforme des modes de production mais aussi la suppression de l’un des deux orchestres de Radio France, que le groupe audiovisuel n’a plus les moyens de financer selon le directeur du groupe, Mathieu Gallet. De nombreux programmes ont été remplacés par des bandes musicales. C’est le cas de la Matinale, l’émission phare de France Inter.

Mathieu Gallet a présenté ses excuses aux collaborateurs de Radio France tout en se justifiant sur le prix de la rénovation de son bureau. Selon lui, les travaux étaient prévus bien avant son arrivée, il y a un an. Il a aussi proposé un moratoire sur les travaux de la maison de la radio estimés à plus de 350 millions d’euros. Par ailleurs, Radio France et l’Etat négocient le COM (contrat d’objectifs et de moyens) pour fixer les grandes orientations du groupe et surtout son budget pour les prochaines années. La date de bouclage du COM est prévue pour la mi-avril.

Pour mieux comprendre ce qu’il se passe à Radio France :

 

La musique comme seul remède ?

Seul lueur d’espoir dans ce sombre tableau social, la sélection musicale de France Inter, qui remplace les programmes habituels de l’antenne et est, jusqu’ici, jugée de grande qualité par les auditeurs. Le directeur de la programmation musicale de France Inter, Didier Varrod et son équipe de cinq programmateurs ont créé cette playlist. La grève a permis de révéler la diversité musicale d’Inter et leur travail, pas toujours pris en compte.

Tout au long de l’année, chaque programmateur est chargé de composer cinq heures de programmes, à l’exception d’un qui n’imagine que quatre heures pour faire 24 heures. Ce « programme de secours » est diffusé qu’en cas de problèmes techniques. Il se déclenche automatiquement après une dizaine de secondes de blanc. Les programmateurs le remettent à jour tous les quatre mois. 80 nouveautés composent ce programme : «Soit 35 titres francophones, 35 internationaux et ensuite du buzz ou de l’actu, c’est-à-dire un titre parvenu par le Net, un EP auto-produit, un vinyle…» explique Didier Varrod. Aucun titre ne doit être diffusé plus d’une fois en 24 heures. Pour ceux qui souhaitent prolonger le son des jours de grève, la station publie la play-list sur son site.

 

Justine MARTINE, 3F

Écrit par Justine Martine