Qui est Neil Gorsuch, juge nommé par Donald Trump à la Cour Suprême ?

Pour occuper le neuvième siège de la Cour suprême, Donald Trump a choisi Neil Gorsuch. Nommée le 31 janvier, cette personnalité à l’ascension rapide est connue pour ses idées très conservatrices.

Sa chevelure blanche ne doit pas cacher son inhabituelle jeunesse. A 49 ans, Neil Gorsuch est le plus jeune juge de la Cour Suprême des Etats-Unis depuis plus de 25 ans. Nommé à vie, il occupera le neuvième siège de la plus haute instance juridique des Etats-Unis. Un atout de poids pour Donald Trump, qui pourra donc s’appuyer sur une Cour suprême à majorité conservatrice sur les grandes questions de société, concernant le droit à l’avortement ou le port d’arme. 

Les opinions de Neil Gorsuch sont principalement connues par ses écrits et jugements. Il a rédigé un livre développant des arguments contre l’euthanasie et a soutenu des entreprises qui refusaient de fournir une couverture santé incluant une contraception à leurs employées. Ses prises de position l’ont amené à être comparé à Antonin Scalia, le pilier conservateur de la Cour suprême décédé l’an dernier et dont il occupera le siège – si sa nomination est confirmée par le Sénat. À l’instar de son mentor, il est partisan de l’école de jurisprudence américaine originaliste qui soutient que la Constitution doit être interprétée conformément à son sens originel à l’époque de son adoption. En outre, Neil Gorsuch est favorable à la peine de mort, laissant que peu d’espoir à ceux qui voudraient contester leur condamnation. Magistrat brillant à l’ascension rapide, il n’a, dans son ouvrage, pas fait mystère de sa position « pro-life » : « Tous les êtres humains sont intrinsèquement utiles et le fait de prendre la vie par une tierce personne est toujours mauvaise », a-t-il écrit. 
Sa nomination a aussi ravi la NRA, le plus grand lobby des armes aux États-Unis, qui a félicité sur Twitter le juge pour sa nomination.

Jamais une nomination n’aura suscité autant de controverse. Pour sa défense, Neil Gorsuch présente l’atout de ne jamais avoir fait de déclaration fracassante susceptible d’entraver sa confirmation, en particulier sur l’avortement.

Reconnu pour ses talents de diplomate

Ce père de deux enfants est réputé pour ses talents diplomatiques et sa rigueur intellectuelle. Neil Gorsuch aurait aussi la capacité de satisfaire les Républicains qui ne se reconnaissent pas dans le nouveau président américain. Originaire du Colorado, Washington ne lui est pas pour autant étranger. Issu d’un milieu aisé, il y a passé a vécu une partie de sa jeunesse, où sa mère dirigeait sous Ronald Reagan l’Agence de protection de l’environnement (EPA). Le juriste a ensuite arpenté une première fois les murs de la Cour suprême entre 1993 et 1994, en tant qu’assistant d’Anthony Kennedy. Neil Gorsuch a ensuite travaillé dix ans comme avocat d’affaires dans un cabinet privé, avant de rejoindre les services du ministère de la Justice sous la présidence de George W. Bush. C’est d’ailleurs l’ancien président qui l’a nommé à la cour d’appel de Denver, le magistrat obtenant facilement sa confirmation par le Sénat en 2006.

Forte opposition 

Cependant, l’opposition démocrate l’accuse d’occuper un siège volé. A la mort d’Antonin Sciala, Barack Obama avait nommé un juge, Merrick Garland. Mais le Sénat, dominé par les républicains, avait refusé de l’auditionner. Une politique d’obstruction qui a finit par jouer en faveur des partisans de Donald Trump qui ont donc désormais une Cour Suprême à majorité conservatrice. De quoi susciter l’inquiétude de Bernie Sanders sur la poursuite du combat pour les droits des femmes.

Même réticence du côté du chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, qui estime qu’il appartient désormais au juge Gorsuch de démontrer qu’il est prêt « à défendre vigoureusement la Constitution contre les abus du pouvoir exécutif ». Un début pour le moins mouvementé.

Amine Mohamed

Écrit par iejpedago