Qui est Antonio Guterres, le nouveau secrétaire général de l’ONU ?

Il succèdera à Ban Ki-Moon le 1er janvier prochain pour devenir le 9e secrétaire général des Nations Unies. L’ancien Premier ministre portugais, qui a su convaincre unanimement les 15 membres du Conseil de sécurité, a appelé à une « réforme globale » de l’organisation dès son discours d’intronisation. Son parcours témoigne de cette ambition progressiste constante.

Antonio Guterres, 67 ans, remplacera Ban Ki-Moon à la tête de l’ONU en janvier 2017

« Il est temps pour l’ONU de reconnaître ses insuffisances et de réformer la manière dont elle fonctionne ». Juste après avoir prêté serment lundi 12 décembre à New York, Antonio Guterres n’a pas tardé à dévoiler ses premiers champs d’action : le maintien de la paix, l’aide au développement durable, et la gestion. Élu alors que l’ONU se trouve sollicitée de plus en plus souvent pour son rôle de médiateur international, Antonio Guterres est présenté par son prédécesseur Ban Ki-Moon comme la personnalité idoine pour le poste. « Son expérience, sa vaste connaissance des affaires mondiales et sa vive intelligence lui seront bien utiles pour diriger les Nations unies dans une période cruciale.« 

Ingénieur de formation

Né à Lisbonne en 1949, Antonio Guterres entre en politique en 1974 au sein des mouvements catholiques. Il entre ensuite au Parti socialiste portugais au lendemain de la Révolution des oeillets qui a mis fin à 50 ans de dictature. En 1992, Antonio Guterres prend la tête de son parti qu’il conduit à la victoire lors des législatives de 1995. Alors promu Premier ministre, il fait figure de socialiste modéré mais fervent catholique, en témoigne sa vive réticence à l’IVG, par exemple. Pro-européen, il est à l’origine de l’entrée du Portugal dans la zone euro.

Antonio Guterres élu premier ministre du Portugal en 1995

C’est sous sa direction que les socialistes remportent les législatives d’octobre 1995, qui le propulsent du même coup au poste de Premier ministre. Socialiste modéré mais fervent catholique particulièrement réticent à l’IVG, ce pro-européen  est notamment à l’origine de l’entrée de son pays dans la zone euro.

10 ans comme haut-commissaire de l’ONU aux réfugiés

Alors que situation économique portugaise se détériore, la déroute des socialistes aux municipales pousse Antonio Guterres à démissionner en 2001. Il entame alors une carrière de diplomate international. Entre 2005 et 2015, le Lisboète dirige le haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU, mis à l’épreuve par la plus grave depuis la Seconde guerre mondiale provoquée par le conflit au Moyen-Orient. L’homme de 67 ans n’a eu de cesse de lancer des cris d’alarme à la communauté internationale et s’est illustré en réussissant une réforme en interne de l’institution. Il réduit d’un tiers les effectifs basés à Genève pour mieux les envoyer sur le terrain, ce qui améliore nettement leur efficacité.

Un « marteau piqueur parlant »

Durant ses nombreuses années au Parlement portugais, Antonio Guterres a gagné une réputation d’orateur habile ce qui lui vaut ce surnom de « marteau-piqueur parlant ». Un atout qui lui permet d’obtenir certains succès diplomatiques constitutifs de sa réputation.

Lorsque le Timor oriental, ancienne colonie portugaise, est ravagé par les massacres de milices pro-indonésiennes en 1999, M. Guterres parvient à convaincre la communauté internationale de la nécessité d’une intervention des Nations Unies.

Autre exemple, sa présidence tournante de l’Union européenne, en 2000, est considérée comme une réussite. Il organise le premier sommet UE-Afrique qui aboutit à l’adoption de l’Agenda de Lisbonne pour la croissance et l’emploi.

Dans un communiqué, François Hollande a « félicité chaleureusement » le Portugais pour sa nomination, saluant l’accession « d’un homme d’engagement, de conviction et d’action » dans un contexte international de crise.

John Barrot

Écrit par iejpedago