Quand le Canard enchaîné s’attaque aux politiques

À l’origine des révélations sur les supposés emplois fictifs de Penelope Fillon, le Canard enchaîné a dévoilé depuis le début des années 1970 de nombreux dossiers qui ont bouleversé le monde politique français.

1972 : les impôts de Jacques Chaban-Delmas

L’une des premières révélations du Canard enchaîné concerne l’ancien Premier ministre français sous la présidence de Georges Pompidou. En 1972, le journal publie la déclaration fiscale de Jacques Chaban-Delmas, qui n’a pas payé d’impôt pendant quatre ans, de 1967 à 1970, alors qu’il était président de l’Assemblée nationale. Un scandale qui va notamment permettre à Valéry Giscard d’Estaing, son principal rival, de le devancer au premier tour des élections présidentielles de 1974.

1979 : les diamants de Bokassa

L’hebdomadaire satirique révèle que l’empereur centrafricain, Jean-Bedel Bokassa, a offert des diamants à Valéry Giscard d’Estaing lors de voyages dans l’Hexagone entre 1970 et 1975. Si le président français se justifie en disant que les diamants ont été offerts à des œuvres humanitaires centrafricaines, l’affaire l’empêchera de se faire réélire à l’élection présidentielle de 1981. 

1981 : l’affaire Papon

Le journal accuse le ministre du Budget d’avoir participé, alors qu’il était secrétaire général de la préfecture de Gironde, à la déportation des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1983, il est inculpé pour crimes contre l’humanité et condamné quinze ans plus tard à dix années de réclusion criminelle. 

1995 : l’appartement d’Alain Juppé

En juin 1995, le « Canard » révèle que le Premier ministre de Jacques Chirac possède depuis 1990 un appartement de 180m2 au cœur de Paris pour un prix inférieur à celui du marché. Quelques mois après, le parquet de Paris classera l’affaire, à condition qu’Alain Juppé déménage.

2002 : le couple Chirac

Le journal publie un rapport sur les « frais de bouche » somptuaires (plus de deux millions d’euros entre 1987 et 1995) de Bernadette et Jacques Chirac alors qu’ils résidaient à l’Hôtel de ville de Paris. En 2004, l’affaire se conclue par un non-lieu.

2011 : les vacances de Michèle Alliot-Marie

En janvier 2011, le Canard enchaîné dévoile les vacances de la ministre des Affaires étrangères, fin 2010, suite aux premières manifestations contre le président tunisien, Zine el-Abidine Ben Ali. L’hebdo révèle les largesses dont Michèle Alliot-Marie a bénéficié de la part d’hommes d’affaires proches du pouvoir. La ministre démissionnera quelques semaines plus tard. 

2017 : le « PenelopeGate »

Le 25 janvier 2017, l’hebdomadaire satirique affirme que l’épouse de François Fillon, candidat à la présidentielle, aurait touché 500.000 euros bruts pour un poste présumé fictif d’attachée parlementaire aux côtés de son époux. Elle aurait également perçu quelque 100.000 euros bruts pour un emploi au sein de la prestigieuse « Revue des deux mondes ». Dans son édition du 1er février, « Le Canard » alourdit la note, chiffrant désormais à 831.440 euros brut la somme perçue par Penelope Fillon. L’affaire, encore loin d’être terminée, a fait gravement chuter la popularité de François Fillon. 

 

Benjamin Delporte

Écrit par iejpedago