Les révélations dEdward Snowden ont montré combien les Etats-Unis ont développé un mastodonte du renseignement. Le gouvernement français souhaite désormais sen inspirer pour ses propres services.

 Il y a un an tout juste, deux hommes changent de poste. L’amiral Michael S. Rogers, est propulsé par Barack Obama directeur de la National Security Agency (NSA). Alors que Patrick Pailloux est nommé à la tête du service technique de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) par François Hollande.

Depuis quelques semaines, la DGSE se rêve en NSA à la française avec le projet de loi sur le renseignement.

Deux catégories différentes

Deux hommes pour un poste similaire dans deux pays aux cultures différentes. Michael S. Rogers débarque dans une agence fragilisée et contestée après les révélations d’un de ses anciens consultants, Edward Snowden. Mais ces turbulences se relativisent puisque la NSA a toujours été soutenue par l’administration Obama . Ce mastodonte du renseignement emploie près de 40 000 personnes.

A côté, « La boîte », surnom donné à la DGSE, apparaît comme un lilliputien du renseignement. En comptant tous les services qui la composent, l’agence emploie 5000 personnes. Ses moyens paraissent dérisoires par rapport à la NSA, qui se classe deuxième aux Etats-Unis avec un budget annuel de près de 10 milliards d’euros par an. Elle arrive néanmoins loin derrière la CIA et ses 14 milliards d’euros mais reste devant la National Reconnaissance Office (NRO), qui gère les satellites d’espionnage américains (9 milliards d’euros). En France, l’Etat accorde à la DGSE un budget annuel de près de 650 millions d’euros. Difficile de rivaliser avec un pays qui dépense plus de 600 milliards de dollars en défense.

La France entend réduire cet écart, d’ici à 2017, ce sont près de 2000 postes qui vont être crées dans diverses agences de renseignement, dont 500 au sein de la DGSE.

 Plus fort que la NSA ?

 Alors que le 1er juin les Américains vont faire le choix de prolonger ou non le « Patriot Act« , en France aussi le Parlement débat d’un projet de loi jugé similaire par ses détracteurs. Christopher Talib, chargé de campagne à la Quadrature du Net, estime que les raisons de s’inquiéter sont nombreuses : « On donne aux services de renseignement sous l’égide de différents ministères des pouvoirs très étendus et en même temps, on réduit la possibilité de recours du citoyen« .

De nombreux points figurant dans le texte de loi ont été inspiré de la législation américaine. La loi FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act) dicte, depuis 1978, les procédures de surveillance physiques et électroniques. Pour rappel le Patriot Act a été amendé à cette loi à la suite des attentats du 11-Septembre.

En France, les critiques se multiplient concernant le timing de cette nouvelle loi. Pour Félix Tréguer, doctorant en sciences politiques à l’EHESS, « les attentats de janvier ont fourni le contexte politique et émotionnel, pour la naissance de ce projet de loi« .

Article de Mahmut Sarp, infographie d’Hamza Rahmani

Écrit par mecanique