Quand Fillon s’inspire de la stratégie anti-médias de Trump

Si Alain Juppé propose son identité heureuse, François Fillon exerce lui une toute autre stratégie de communication, beaucoup plus offensive à l’encontre des médias.

© Flickr/ UMP Photos

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Employée par les extrêmes depuis leur création, la stratégie de se poser en victime des médias et des journalistes dès qu’une question fâche a été largement épuisée par nombre de politiques.

Elle s’est récemment illustrée avec la virulence de celui qui a été élu président des Etats-Unis, Donald Trump. En somme, la stratégie du « ne les écoutez pas, les médias disent n’importe quoi ».

Lors du débat de la primaire, François Fillon en a usé à plusieurs reprises : « Je serais devenu un conservateur moyen-âgeux » ou encore « J’ai montré au tour précédent qu’il ne faut pas croire tous ces sondages ». Une stratégie qui a effectivement porté ses fruits au premier tour de la primaire de la droite.

Le candidat tape sur les médias avec plus de subtilité et moins de hargne que Donald Trump, qui parlait carrément de complot des médias.

Son aspect plus modéré, qui convient plus aux Français, lui semble d’ailleurs bénéfique. Surtout auprès des nombreux « déçus des médias« . Un positionnement qui rapproche, en plus de son programme ultra-libéral et conservateur, François Fillon du Front national.

Si la stratégie est facile et vieille comme la politique, elle s’avère pratique, puisque ne présentant que peu de risques. Même Nicolas Sarkozy s’y est essayé pendant les débats de la primaire de droite afin d’esquiver une question sur Ziad Takieddine.

Une fois désigné candidat, voire élu président, François Fillon continuera sur ce chemin ou changera-t-il de cap à l’image des récents revirements de Donald Trump ? La question demeure en suspens.

Carl Klink

Écrit par Carl Klink