Quai Branly : Voyage en Papouasie-Nouvelle-Guinée

La nouvelle exposition du Quai Branly, SEPIK, Arts de Papouasie-Nouvelle-Guinée, est disponible jusqu’au 31 janvier 2016. L’occasion de découvrir l’art d’une région jusqu’ici délaissée par les musées français. 

Située au Nord de l’île, le Sépik est le plus long fleuve de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Depuis trois millénaires, il a vu naître une civilisation à l’origine de créations artistiques originales, inhabituelles au regard des Occidentaux. Pourtant, il s’agit de la première exposition consacrée à cette région en France. Quelques 230 œuvres provenant des collections du Quai Branly et de prêts de 18 musées du monde entier sont présentées dans cet espace, toujours enclin à promouvoir les cultures méconnues.

Ce parcours résulte de 35 ans de recherches que nous devons à Markus Schindlbeck, Christian Kaufmann, et Philippe Peltier, commissaire. Ce dernier a toujours été intrigué par l’art papou : « Au fil des vitrines d’une richesse insoupçonnée, les visiteurs découvrent, souvent incrédules, des objets aux formes inventives, imprévisibles, des objets qui sont autant de provocations à l’imagination, où se mêlent, dans un débordement ininterrompu, agressivité́, séduction et sexualité́. »

© musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado

© musée du quai Branly, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado

La sélection des compositions illustre à la fois les différentes icônes de la société papoue, extrêmement attachée à la commémoration des ancêtres, et l’absence de stéréotypes artistiques, puisque nombre d’objets jugés insolites sont peints, gravés ou sculptés pour acquérir le statut d’œuvre. Une variété importante que l’on retrouve dans l’utilisation des matériaux : colliers en coquillage d’huître perlière, tambours à fente, panneaux d’écorces peintes, masques et autres crânes sur-modelés utilisés durant les cérémonies nous ouvrent les portes d’un univers traditionnel où les femmes et les hommes ont longtemps été séparés. Ils peuvent tout autant évoquer des cultes (principalement envers les ancêtres et la nature) que des figures abstraites. La manifestation offre au visiteur une vision de l’organisation sociale d’un village papou traditionnel, expliquant les différents usages des objets présentés. Un voyage à l’autre bout de la planète qui ne manquera pas de vous dépayser. 

Tristan Telfouche

 

Écrit par TristanTelfouche