Qu’a-t-il bien pu se passer à bord du vol 4U9525 ?

Un airbus 320 de la compagnie low-cost Germanwings, filiale de Lufthansa, s’est écrasé mardi 24 mars dans les Alpes de Haute Provence avec 150 passagers à son bord, dont une majorité d’espagnols et d’allemands. L’avion qui reliait Barcelone à Düsseldorf s’est écrasé peu avant 11h. Très vite, les réactions ont fusé sur les réseaux sociaux.

Andreas Lubitz, copilote du vol 4U9525 et instigateur de la descente qui a entraîné la mort de 150 personnes dont une classe de lycéens, est le principal suspect. Dépressif et dangereux, le copilote de la Lufthansa aurait déclaré selon son ex-petite amie, « un jour je changerai tout le système, tout le monde connaitra mon nom et s’en souviendra ».

Même si la culpabilité du copilote Lubitz ne fait plus de doute d’aujourd’hui, les enquêteurs ont longtemps privilégié la piste de la dépressurisation en vol.  De tels cas sont rarissimes, il n’y a eu qu’un seul cas de crash dû à une dépressurisation en plein air. Le 14 août 2005, un avion de la compagnie grecque Helios Airways se crash sur une montagne après avoir vidé les moteurs de leurs carburants.  Les pilotes, pris de cours par le manque d’oxygène, n’ont pas eu le temps de faire descendre l’avion.

La découverte de la première boite noire, a grandement aidé les enquêteurs, puisque c’est à ce moment qu’ils ont compris que le copilote s’était enfermé à l’intérieur du cockpit. Comme souvent dans les enquêtes sur les crashs aériens, la boite noire retrouvée a été la pierre angulaire de l’enquête.
Ces boites noires qui sont en fait orange,  sont au nombre de deux: le CVR ou Cockpit Voice Recorder, enregistre les conversations tenues dans le cockpit par le pilote et le copilote. Le FDR ou Flight Data Recorder, enregistre les données de vol ( altitude, vitesse etc.). Bien que présentes dans tous les avions commerciaux, l’enregistrement peut être coupé par un simple commande dans le cockpit.

Les données récupérées par le site internet flightradar.net montre que l’avion est arrivé à son altitude de croisière peu après 10h. A 10h31, l’avion a commencé une descente brusque en gardant une vitesse stable, sans pour autant qu’un signal de détresse n’ait été prononcé à la tour de contrôle

Avant la découverte du CVR, plusieurs hypothèses ont éclos sur les causes de ce crash dont celle de la piste terroriste qui, selon Bernard Cazeneuve, «  n’est pas l’hypothèse privilégiée« .

Les médias se sont très rapidement emparés de cette histoire. Certains journaux web ont même suspendu leur activité pour faire un « live ». Les internautes ont donc pu voir l’incroyable  » feuilleton » se dérouler sous leurs yeux. L’occasion de revenir sur la chronologie des faits:

Même si le temps n’est pas au cynisme, il convient tout de même de rappeler que l’avion reste le moyen de transport le plus sûr au monde, loin devant la voiture, qui fait de plus en plus de morts depuis 2002.  Le Monde le précise dans son article paru peu après le crash. Il y avait en 1970 1 chance sur 138 000 de mourir. En 2014, la probabilité de mourir durant un crash d’avion est passé d’un sur 2 349 000.

 

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Source: Le Monde      

                   

Écrit par Thomas Choukroun