Puisseguin : hommages et recueillements

À Petit Palais, François Hollande assiste ce matin à la cérémonie d’hommage républicain aux 43 victimes de la terrible collision de vendredi. Par ailleurs, le procureur de Libourne a confirmé que le camion s’est déporté sur la gauche et que le réservoir a été transpercé par une pièce métallique.

Un « hommage républicain » est rendu mardi aux morts par le président François Hollande et le gouvernement. Seront présents, le Premier ministre Manuel Valls, les ministres Bernard Cazeneuve (Intérieur), Ségolène Royal (Ecologie) et Marisol Touraine (Santé), et la secrétaire d’Etat Laurence Rossignol (Famille et Personnes âgées). Lors de la cérémonie, qui débute à 10H30, six maires de communes endeuillées prendront la parole. Parmi eux, Patricia Raichini, maire de Petit-Palais, qui a perdu 3 membres de sa famille dans l’accident.

Le procureur de Libourne, Christophe Auger, et le directeur de l’ICRGN (Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale), le colonel Patrick Touron ont fait part des points suivant concernant l’enquête :

D’après les premières constatations et images modélisées par l’IRCGN, «le chauffeur du poids lourd, qui circulait dans le sens de la montée vers le village de Puisseguin, s’est déporté sur la voie de gauche alors que la portion de route était sinueuse à cet endroit, comme indiqué par un panneau de signalisation, invitant à la prudence 150 mètres avant un premier virage» et un panneau similaire dans l’autre sens de circulation (Procureur). «Le côté gauche de la cabine du camion a percuté le côté gauche du car» (gendarme). Des «traces de ripage et de freinage visibles au sol à l’arrière du poids lourd» suggèrent que «le chauffeur a tenté en vain de redresser la trajectoire du camion». Celui-ci roulait à une vitesse dont les expertises en cours, permettront de dire «si elle était ou pas adaptée à l’état de la chaussée, en partie humide sur cette zone à cette heure du jour et manquant de visibilité avec une nuit non dissipée à cette époque de l’année» (Procureur).

L’incendie: Un élément métallique, «une tige métallique d’un peu plus d’un mètre qui se trouvait à l’intérieur de l’habitacle» a, sous le choc,

«perforé et traversé la carrosserie du tracteur (du camion) et éventré le réservoir additionnel de carburant situé juste derrière la cabine du camion» (Procureur). Ce percement par une tige a créé «les conditions requises pour la création d’un nébulisat, une projection de fines gouttelettes (…) Un nébulisat de pétrole s’enflamme très facilement par une flamme ou un point chaud» (gendarme).Cette projection de gasoil «se serait enflammée au contact d’une surface chaude telle qu’un élément d’échappement, de mécanique, ou de toute autre forme d’énergie que les experts détermineront, avant de se répandre sur le pare-brise de l’autocar, qui s’est brisé et affaissé (…) facilitant ainsi l’introduction du carburant enflammé dans l’habitacle et initiant un incendie qui s’est vraisemblablement propagé très rapidement à l’ensemble du car» (Procureur).

l’IRCGN avec l’Institut-médico légal de Bordeaux travaille sur l’identification des victimes. «Nous évoquons le délai d’une dizaine de jours pour avoir ces éléments d’information», «sauf élémént particulier concernant une personne, une famille qui pourrait prolonger ce délai». L’information judiciaire sera ouverte après la finalisation du processus d’identification et «après que les corps auront été remis aux familles» (Procureur).    Il s’agit en tout cas du pire accident de la route depuis 33 ans en France.

Concernant les véhicules, des perquisitions, samedi et dimanche en Gironde, dans l’Orne et la Mayenne, ont visé à «saisir tout document ou éléments techniques relatifs à l’acquisition, la maintenance et l’utilisation des véhicules impliqués» et à obtenir des «pièces relatives à la formation, la qualification professionnelles des chauffeurs, leur emploi du temps et les données horaires de leur trajet programmé le jour de l’accident». Le chauffeur du car a été entendu comme les sept autres rescapés, mais «il est trop tôt pour porter un jugement sur les déclarations du chauffeur» (Procureur).

Carla Kakoun

 

 

 

 

 

 

 

Écrit par carlaroxana