Protestation contre la loi El Khomri : comment la police compte les manifestants ?

Ce mercredi des centaines de milliers de personnes se sont mobilisées contre le projet de loi El Khomri. Une mobilisation significative qui n’est pas estimée de la même façon par les syndicats, les associations et les forces de l’ordre.

Combien de manifestants étaient présents à la marche de ce mercredi ? Une question peu évidente qui trouve pourtant plusieurs réponses : 400.000 selon Force Ouvrière, 500.000 selon l’Unef, et 224.000 selon la police. Il faut dire que pour les forces de l’ordre, compter les participants d’une manifestation n’est pas une tâche aisée.

Sans logiciel de mesures automatiques des foules, ou de système informatique permettant d’établir le nombre de manifestants à partir d’un échantillon représentatif, il est difficile d’être précis. C’est bien avec un banal compteur manuel et de deux caméras braquées sur la rue que les policiers de la direction du renseignement recensent les manifestant par paquets de dix. Le résultat est ensuite majoré de 10 %, et confirmé par le visionnage des vidéos.

Source : facebook.com/roger.nymo

Les étudiants étaient dans la rue pour protester contre la loi El Khomri ce mercredi Source : facebook.com/roger.nymo

Suite à des accusations de manipulation des chiffres, ce dispositif artisanal, avait été jugé pertinent après avoir subi un auditoire devant une commission. Cette dernière avait pourtant donné deux recommandations à la préfecture de police comme indiquer une fourchette plutôt qu’un chiffre précis et installer au moins trois postes d’observation pour les grosses manifestations.

D’autres méthodes alternatives avaient été étudiées comme la prise de vue de haut ou encore compter le nombre de téléphone portable à un endroit précis. Mercredi, seules deux caméras étaient installées au dessus d’un commerce et d’une chambre d’hôtel parisienne. Les policiers ont compté entre 27 000 et 29 000 personnes, tandis que la CGT a annoncé 100 000 manifestants dans Paris.

Aloïs Sarfati

Écrit par Alois Sarfati