Procès Jacqueline Sauvage : retour sur un drame familial

Le 10 septembre 2012, Jacqueline Sauvage abat son mari de trois coups de fusil dans le dos. Après avoir subi 47 ans de violences conjugales, elle a tué son époux, qui violait ses filles et terrorisait son fils. Condamnée à dix ans de réclusion criminelle en 2014, son procès en appel s’est ouvert hier à Blois (Loir-et-Cher).

« Les problèmes ont commencé quand on s’est formées physiquement » a confié Sylvie Marot, la fille aînée. Victime pendant plusieurs années, avec ses soeurs, des actes d’inceste de son père alcoolique, elle a témoigné hier devant le tribunal de Blois. A la barre, elle a parlé au nom de ses soeurs et a expliqué que c’est lorsque leur corps a changé « qu’il a commencé les attouchements, il attendait que maman parte au travail pour venir dans notre lit se frotter contre nous » a-t-elle affirmé. Alors que sa mère est actuellement incarcérée à la prison d’Orléans, Sylvie tient à la défendre coûte que coûte : « Maman a subi des violences toute sa vie ! ». Mais les juges ne comprennent pas pourquoi cette dame aujourd’hui âgée de 50 ans n’a toujours pas porté plainte. Pour se justifier, elle explique « Parce que j’ai honte. J’en fais encore des cauchemars. C’était pénible à vivre, pénible à raconter. A 21 ans, quand il m’a passée à tabac, je me suis dit que c’était la dernière fois ». Une explication qui ne semble guère convaincre la cour. Le maire de la ville a lui aussi eu du mal à convaincre la présidente. Celle-ci lui reproche de ne pas avoir agi sachant qu’il était au courant de la personnalité violente de Norbert Marot.

Légitime défense ou meurtre ? La question divise. L’avocat de Jacqueline Sauvage évoque la légitime défense tandis que les juges l’avaient rejetée. La raison : l’accusée a tué son mari à un moment où il ne la battait pas. C’est pourquoi elle avait été condamnée à 10 ans de prison en première instance en 2014.

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Ce procès doit se terminer le 3 décembre prochain.

Julie Breon

Écrit par julie.breon