Procès Bettencourt : les déclarations déroutantes de Claire Thibout

Claire Thibout a témoigné ce mardi au procès pour abus de faiblesse sur Liliane Bettencourt. L’ex-comptable et plaignante a dû répondre aux accusations des avocats des prévenus.

 Claire Thibout, principale accusatrice, est passée à la barre mardi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux (Gironde). Encore un mauvais moment à passer pour l’ex-comptable de la maison Bettencourt, déjà entendue à 18 reprises en cours d’instruction et mise en examens fin 2014 pour faux témoignage dans un autre volet initié par François-Marie Banier. Pour raisons médicales, son audition se déroule en visio-conférence. Elle résume sa situation actuelle :

« j’ai été moquée, traitée de mythomane ; c’est dur de payer pour avoir dit la vérité. »

 A la demande du tribunal, la comptable campe à nouveau le décor, à partir de 2006, en des termes plus abrupts

« Mme Bettencourt, perdrait ses facultés mentales, M.Bettencourt était fatigué. Plus personne ne commandait, tout le monde réclamait de l’argent. C’était n’importe quoi. »

Elle finira par se confier à leur fille Françoise, lui rédigeant une attestation qui nourrira sa plainte pour abus de faiblesse. La défense de l’attaque sur ce volet du deal entre les deux femmes : le versement de 400 000 euros en contrepartie de son « engagement à apporter on concours ». Claire Thibout se défend d’avoir été « payée pour témoigner », mais a simplement négocié une indemnité supplémentaire en cas de licenciement prévisible.

« Je l’ai fait en mon âme et conscience, car je ne supportais plus cette ambiance où tout le monde piquait dans la caisse ».

Mme Jacqueline lafont, avocate de patrice de Maistre, le grand chambellan de lilliane Bettancourt, la cuisine sur le fait qu’elle aussi aurait pu abuser de sa générosité. Il est question d’un projet de donation de deux appartements à Neuilly, pas moins. Selon Claire Thibout, c’est François-Marie Banier qui l’aurait incitée à franchir le pas :

« il a voulu me mouiller dans ses combines pour que je ne parle pas, il m’a même proposé un compte en Suisse. » Elle n’en sera jamais propriétaire, mais aura quand même rédigé un bout de papier pour les obtenir…

Jessy Bourillon

Écrit par cabouko