Prix Goncourt : un choix politique ?

Le prix Goncourt a été décerné à Mathias Enard pour son livre Boussole (Acte Sud). Véritable invitation à découvrir l’Orient dans toute sa splendeur, il rappelle les tragiques évènements de notre époque et redore l’image de la région.

Un voyage inattendu. Dans son livre, Mathias Enard emmène les lecteurs à Istanbul, Palmyre, Alep, Damas ou encore Téhéran. Le personnage principal, un homme, se plonge dans ses doux rêves passés et rappelle les beautés de cette région. L’oeuvre interroge la relation entre l’Orient et l’Occident, une relation aujourd’hui dégradée. Alors que l’Europe ferme ses portes aux migrants et est impuissante face aux actes terroristes, elle est redorée l’espace d’un instant grâce à l’écrivain.  L’auteur avait déjà confié en janvier 2015 :

« Il nous faut réfléchir à la responsabilité des intellectuels et surtout des journalistes qui n’ont pas transmis une vision plus réelle, exacte et juste de la diversité du monde musulman ».

Invité de Léa Salamé sur France Inter ce matin, Mathias Enard confie vouloir « lutter contre l’image simpliste et fantasmée d’un Orient musulman et ennemi en montrant tout ce qu’il nous a apporté ». 

Le passé se mêle à l’actualité. En effet, dans Boussole, des régions telle que Palmyre sont citées à plusieurs reprises. Cela peut rappeler la présence des terroristes sur ce lieu, menaçant de détruire le site archéologique protégé par l’ONU. La Syrie, aussi évoquée, nous renvoie à la guerre dont le pays est victime et notamment à son foyer de djihadistes tous prêts à tuer sans regret au profit de l’islamisme. Manuel Valls, conscient de l’importance de la littérature, a affirmé sur Twitter :

A lire également : Syrie, Bachar al-Assad peut-il être poussé vers la sortie ?

Un auteur concerné. Mathias Enard a beaucoup voyagé : il a vécu au Caire, au Liban et en Syrie. Passionné de l’Orient, il parle le persan, qu’il a appris à l’université Chahid-Behechti de Téhéran mais aussi l’arabe. Installé à Barcelone depuis 2000 où il enseigne cette langue, l’auteur s’est aussi promené à Berlin et Beyrouth. Tout juste revenu d’Alger, il savoure sa victoire.

Julie Breon

 

Écrit par julie.breon