Pourquoi Hulot recule sur le nucléaire

Vivement contesté par les écologistes depuis l’annonce de sa décision mardi, le ministre de l’Ecologie a annoncé qu’il allait repousser de dix ans la réduction de l’exploitation du nucléaire.

Depuis la catastrophe de Fukushima, tous les gouvernements à travers monde – ou presque – sont d’accord pour réduire la part du nucléaire dans la production de l’électricité. Plus facile à dire qu’à faire. En 2015, Ségolène Royal avait fait voter la loi de transition énergétique visant à réduire l’exploitation du nucléaire de 75 à 50% d’ici 2025.

Mais le bilan prévisionnel du réseau électrique français publié mardi 7 novembre a poussé à remettre en question cet objectif tant les étapes pour l’atteindre sont importantes. ll faudrait en effet fermer 24 réacteurs, quelques centrales à charbon et construire en parallèle plus de 10 000 éoliennes ainsi que plusieurs centrales au gaz nouvelle génération.

« Au détriment de nos objectifs climatiques »

Le ministre justifie sa décision par des considérations environnementales. Pour diminuer le nucléaire, il faudrait en effet solliciter un peu plus les centrales à charbon, extrêmement polluantes. Cette option est contestée car elle impacte fortement sur la qualité de l’air et le changement climatique.

Nicolas Hulot a donc préféré favoriser la défense du climat quitte à ne pas respecter son engagement dans les délais : «Si l’on veut maintenir la date de 2025 pour ramener dans le mix énergétique le nucléaire à 50 %, ça se fera au détriment de nos objectifs climatiques. Et ça se fera au détriment de la fermeture des centrales à charbon, et probablement que si l’on voulait s’acharner sur cette date, il faudrait même rouvrir d’autres centrales thermiques», a-t-il expliqué devant les journalistes lors du compte rendu du conseil des ministres.

Léa BITTON

Écrit par IEJ3B

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