Syrie : passe d’armes entre Jean-Yves Le Drian et Bachar Al-Assad

Bachar Al-Assad a fustigé la France ce mardi 19 décembre, l’accusant d’avoir joué un rôle-clé dans la montée du terrorisme en Syrie. Des accusations qui arrivent après la réplique cinglante de Jean-Yves Le Drian et les propos d’Emmanuel Macron sur les négociations de paix.

« La France a été le fer de lance du terrorisme et ses mains sont trempées dans le sang syrien depuis les premiers jours et nous ne voyons pas qu’elle a fondamentalement changé d’attitude (…) ceux qui soutiennent le terrorisme n’ont pas le droit de parler de paix », a assené Bachar Al-Assad aux journalistes, ce mardi 19 décembre à Damas. La virulence de ses propos s’explique en partie par le fait que l’armée française a soutenu les rebelles syriens et s’est alliée à eux dans la lutte contre Daesh. Pourtant, le régime les considère aussi comme terroristes.

Des relations diplomatiques tendues 

La veille, Assad était déjà échaudé par les propos d’Emmanuel Macron suite aux négociations de Genève. Celui-ci avait déclaré dimanche qu’outre les pourparlers pour la paix en Syrie, Bachar Al-Assad devrait toutefois « répondre de ses crimes », faisant allusion aux massacres des populations civiles perpétrés depuis 2014.

Ce à quoi ce dernier avait répondu que la France était un « soutien au terrorisme » et qu’elle n’avait pas de légitimité à siéger à la table des négociations,  « non-représentatives d’elle-même ». La réponse du dirigeant syrien n’est pas passée inaperçue : le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian en visite à Washington a été plus incisif qu’Emmanuel Macron : « Quand on a passé son temps à massacrer son peuple, on a généralement un peu plus de discrétion (…) M. Bachar al-Assad ne semble pas vraiment en situation de pouvoir affirmer une prise de position politique tant qu’il est dépendant de la Russie et de l’Iran. »

La délégation du régime l’a affirmé : concernant les négociations de paix en Syrie, elle n’échangera plus qu’avec le médiateur de l’ONU et préfèrera à Genève les pourparlers prévus à Sotchi l’an prochain, organisés par son allié russe.

Loanne Jeunet

Écrit par IEJ3A