PORTRAIT. Légende vivante française, Michel Polnareff fait partie de ces célébrités qui même quand elles disparaissent, laissent une empreinte indélébile dans la musique française. Secret, mélodiste de génie, Polnareff continue de nous surprendre. Retour sur sa carrière remarquable.

Michel Polnareff en concert en 2007 © MaxPPP

Michel Polnareff en concert en 2007 © MaxPPP

8 ans après sa tournée Ze (re)Tour, le chanteur français âgé de 71 ans, Michel Polnareff compte bien réapparaitre sur scène à partir du 30 avril 2016 à Epernay dans la Marne. Ses fans Parisiens pourront également le retrouver à Bercy les 7, 8, 10 et 11 mai. De plus, pour éveiller les papilles de ses fervents suiveurs, l’année 2016 inaugura un nouvel album, partagé par des morceaux instrumentaux et des chansons.

Michel Polnareff âgé de 25 ans. 1969.

Michel Polnareff âgé de 25 ans. 1969.

Racines musicales

La musique a toujours fait partie de sa famille. Né le 3 juillet 1944, fils du compositeur-musicien, Léo Poll qui travaille pour Piaf, Mouloudji ou encore les Compagnons de la Chanson, et d’une danseuse bretonne. Il reçoit à l’âge de 11 ans, le prix du piano du conservatoire de Paris et collectionne les récompenses.

A 19 ans, après un passage de sept mois sous les drapeaux de Montluçon, il plie bagages et migre pour Montmartre. Sur les marches du Sacré-Coeur, armé de sa guitare, il berce les passants de mélodie. Il rencontre par le biais d’un ami Lucien Morisse patron de la station de radio Europe1 qui lui fait signer son premier 45 tours « La Poupée qui fait non » en 1966.

Dès sa sortie, son succès est fait par la fracture qu’il créé avec les titres habituels de la chanson française. Son style très mélodique rappelle celui des Mamas et Papas. Il obtient quelques mois après ses débuts, le Prix critique de la Rose d’Or d’Antibes, sur la Côte d’Azur. Ses productions sont à chaque fois, des succès fulgurants : « Love me please love », « Je suis un homme » en 1970, ou encore « On ira tous au paradis » en 1972.

Artiste international et provocateur

Alors que la plupart des chanteurs français taillent difficilement leur route dans les pays anglophones, Polnareff fait figure d’autorité et reçoit en Allemagne le « Prix du chanteur étranger le plus populaire ». DLe chanteur bouscule les codes conformistes de la France de l’époque avec ses curieuses tenues pailletées, ses coiffures atypiques et son mode de vie mystérieux. Provocateur, il n’hésite pas à secouer les âmes sensibles, notamment avec son titre « L’amour avec Toi » interdit d’antenne avant 22 heures en 1966. Michel Polnareff continue de multiplier les provocations. En 1971, le chanteur découvre dans la vitrine d’un opticien, une paire de lunettes de femme ayant appartenu à Sophia Loren. En 1972, pour son nouveau spectacle à l’Olympia « Polnarévolution », il sort une série de 6000 affiches représentant les fesses du chanteur nues. Il est convoqué au tribunal correctionnel pour attentat à la pudeur et est condamné à payer 10 francs par affiche. C’est cette époque qu’il adopte les mythiques lunettes de soleil blanches et sa perruque bouclée qu’on lui connaît.

En 1973, Polnareff est ruiné de plusieurs millions de Francs arnaqué par son homme d’affaires, Bernard Seneau. Dans la même année, sa mère décède. Le chanteur s’exile aux Etats-Unis. Il y fait un triomphe. Il repart de temps à autre en Asie, où ses chansons séduisent les japonais.

En 1977, il a le mal du pays et l’exprime dans le titre « Lettre à France ». Machine à écrire en puissance, Polnareff ne compte pas, même à l’âge de 71 ans, freiner sa fibre artistique.

Marie Faupin

Écrit par marie maxime