Pollution: La mauvaise qualité de l’air a un coût
En 2 ans, Paris à déja dépassé deux fois le seul d'alerte

En 2 ans, Paris à déja dépassé deux fois le seul d’alerte

Jamais deux sans trois. C’est la troisième fois depuis sa première utilisation en 1997 que la circulation alternée est mise en place à Paris. Une réaction au dépassement du seuil d’alerte de pollution. Une question de santé mais ces mesures ont un coût pour la population.

Paris respire-t-il ?

Le Bureau Européen de l’Environnement ne semble pas de cet avis. Dans son rapport publié mardi dernier, le BEE ne classe Paris que 6ème parmi 14 capitales européennes. La France ne fait pas assez d’efforts pour la protection de la qualité de l’air. Et pourtant la pollution de l’air fait plus de morts que le tabac. Selon des chiffres de la Commission Européenne, la pollution aux particules fines est responsable de plus de 42 000 morts prématurées par an en France.

Plus de 480 000 années perdues. Soit une perte d’espérance de vie de plus de 8 mois pour la France. Cette pollution de l’air a un impact sur de nombreuses maladies cardio-vasculaires et elle favorise des maladies comme Alzheimer ou Parkinson. Des maladies graves qui entraînent de nombreux coûts sanitaires. Un malade devra payer sa consultation médicale, acheter des médicaments. Il verra son activité réduite, devra même dans quelques cas être hospitalisé.

Une facture entre 20 et 30 milliards d’euros

Ce coût est estimé entre 20 et 30 milliards d’euros. Pour obtenir un tel chiffre, le Commissariat général au développement durable a dû prendre en compte les dépenses de soins, les pertes économiques liées aux arrêts de travail, etc. Une tâche complexe et très aléatoire qui donne une fourchette de 10 milliards d’euros. Mais l’ordre de grandeur est déjà impressionnant. Elle s‘appuie donc sur des programmes statistiques européen pour avancer ces chiffres. Par exemple, une année de vie perdue en Europe est estimée à 41000 euros

En plus des coûts sanitaires s’ajoutent des coûts logistiques ou environnementaux. Par exemple, les dépenses liées à l’entretien des bâtiments et aux ravalements de façades. Lors du dernier pic de pollution en 2014, la gratuité des transports avait couté près de 10 millions à la Ratp. L’Etat avait pris en charge la moitié de cette somme. Et il pourrait payer plus. Depuis l’année dernière, la France est dans le collimateur de l’Union Européenne. Elle risque près de 100 millions d’euros d’amende et des pénalités journalières tant que le niveau de pollution ne redescend pas sous les normes européennes.

Une enquête inédite

La France doit réagir et mettre en place des mesures ambitieuses. Depuis le 11 février 2005, à la demande du groupe EELV, le Sénat a mis en place une Commission d’Enquête sur le coût économique et financier de la pollution de l’air. Une étude globale qui n’avait jamais été réalisée auparavant alors que la pollution de l’air est la principale préoccupation environnementale des Français. Cette étude va permettre de cibler et de réduire les impacts sanitaires et financiers.

Pour cela, la France doit s’inspirer des réussites européennes. Dans les années 1970, l’UE a fixé des objectifs en matière de pollution des véhicules routiers, notamment pour le diesel. Entre 1993 et 2010, pour 10 milliards d’euros investis chaque année, les mesures de réduction d’émissions de particules rapportaient plus de 20 milliards d’euros de gain en terme de pollution évitée.

Etienne Cabot

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Écrit par solit