Pollution à Paris : « ras-le-bol », Nathalie Monrapha a tout plaqué

La pollution à Paris n’est pas sans effets sur la santé, à un point tel que plusieurs familles se voient contraintes de quitter la capitale pour l’air frais de la campagne. C’est le cas de Nathalie Monrapha, 38 ans, inquiète pour ses sept enfants. Portrait.

« A cause de cette satané pollution, mon fils a développé un asthme sévère qu’il a dû rester deux semaines à l’hôpital. » Le 13 juillet 2007, Campbell, 4 ans, fait une grave crise d’asthme et est hospitalisé.

Un signal d’alarme pour sa mère, Nathlie Monrapaha, 38 ans, qui pense alors à quitter Paris. « Mes enfants sont ma priorité, quand j’ai constaté qu’ils développaient de plus en plus de problèmes respiratoires, et que ces problèmes étaient dû à la pollution de Paris, ça a été le déclic  « , raconte-t-elle en remettant ses lunettes.

Tout plaquer

Originaire de la Guadeloupe, Nathalie est arrivée à Paris à 25 ans avec ses quatre premiers enfants, avec le rêve d' »avoir une vie plus facile« , confie-t-elle, entre deux gorgées de café. Elle devient femme de chambre dans un grand hôtel parisien, et s’installe dans le XIIIème arrondissement de Paris.

Sauf qu’elle va vite déchanter. Elle a du mal à s’adapter à la vie parisienne et ses conditions de vie, en particulier la pollution. L’asthme chez elle est héréditaire. Ses parents ont en souffert, elle en souffre et ses enfants aussi. Mais « quand je vivais en Guadeloupe ce n’était pas aussi prononcé qu’ici ». Paris a donc amplifié la maladie.

Bronchite à répétition, asthme sévère, gorges qui gratte, qui pique, nez systématiquement obstrué. La santé de la famille Monrapaha se dégrade durant les 13 années parisiennes. « Souvent quand je voyais que mes enfants toussaient beaucoup nous évitions de sortir. Ce n’était plus possible ! »

De nombreuses journées d’écoles ratées, de nombreuses sorties gâchées, tout comme le niveau de l’air parisien, le quotidien de Nathalie s’est nettement dégradé. Elle tente de s’éloigner de la capitale, pour Sevran, en Seine Saint-Denis. Mais il était évident que le problème de la pollution restait le même.

« Dans la capitale, la pollution, c’était plus possible, l’air était quasi-irrespirable, on avait le choix entre respirer la fumée des pots d’échappement des véhicules ou celle des usines« , tranche-t-elle, déterminée. Le « ral-bol » se conclut par un déménagement. Du jour au lendemain, Nathalie décide de tout plaquer pour partir s’installer à Saint-Dizier, en Champagne-Ardenne.

Campbell, 4 ans guérit après deux semaines à l’hôpital

L’air frais de la campagne

La famille s’y est installée il y a 9 ans maintenant, et profite de conditions de vie bien plus agréables. « L’air est vraiment plus respirable, on peut respirer à plein poumons sans être sûre de tousser co mme un malade ».

Son médecin, lui, semble optimiste en ce qui concerne l’état de santé de la famille. Malgré tout, les enfants disent préférer l’agitation de Paris au calme de la campagne. Mais peu importe, « ils s’habituent, ils savent pertinemment que c’est pour leur bien ».

Le petit Campbell, 9 ans aujourd’hui, s’est nettement amélioré : « plus de toux à répétions hormis pendant les périodes de grippe, beaucoup moins d’asthme, mais surtout beaucoup d’apaisement. »

Shanon Clotilde

Écrit par Shanon Clotilde