Dans un entretien accordé ce matin au Figaro, le commissaire européen à l’économie, Pierre Moscovici, juge les efforts de Paris insuffisants au regard des objectifs fixés par Bruxelles.

« Pour cette année, les choses sont claires. Il subsiste un écart reconnu de 0,2 point de PIB entre le déficit «structurel» programmé à Paris et celui escompté à Bruxelles, soit de l’ordre de 3 à 4 milliards d’euros. Ce n’est pas rien. Il faudra que des économies supplémentaires soient prises et prises rapidement ».

Pour cela, Manuel Valls est attendu à Bruxelles le 18 mars, où il devra montrer sa volonté de faire bouger la France. La France devra présenter de nouvelles mesures avant le 10 juin.


Cette déclaration de Pierre Moscovici survient après la réunion des ministres des finances de la zone euro, qui viennent d’accorder deux ans de délai supplémentaire à la France, pour réduire son déficit public à 3% PIB. Paris a donc jusqu’à 2017 pour respecter la norme européenne.

Un plan de réformes détaillé et ambitieux

Mais le nouveau commissaire européen se montre ferme avec la France. Il attend un agenda législatif :

« Nous attendons un plan de réformes détaillé, ambitieux. En clair, que le gouvernement français nous dise quelles réformes il va prendre, dans quel délai, sous quelles forme. »

Si les exigences de Bruxelles ne sont pas respectées, Pierre Moscovici assure qu’il ne fera pas de cadeau à la France :

« Si les sanctions sont justifiées, elles seront utilisées », prévient-il. « La France pèse 20% du PIB de la zone euro. Tout le monde attend que la France soit un grand pays, pour elle même et pour l’Europe. Un pays qui ne déçoit pas ses partenaires », conclut Pierre Moscovici.

Benoit Thérèze

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