Philippe Croizon au Paris-Dakar, ou comment piloter sans les mains

Ce lundi 2 janvier, l’heure du départ sonne pour Philippe Croizon. Une course adaptée techniquement au premier coureur handicapé de l’histoire du rallye. 

C’est la première fois qu’un handi-athlète participe à un rallye Dakar, réputé dangereux. A Asuncion au Paraguay, l’homme de 48 ans, amputé des bras et des jambes après un accident en 1994, s’apprête à relever le plus grand défi de sa vie. Pour parcourir les 9000 km qui l’emmèneront à Buenos Aires en Argentine, Philippe Croizon dispose d’un véhicule spécial.

Freddy Valade (Off Road Technologie) s’est chargé de la mise au point du buggy et Frédéric Kempf (K Automobilité) s’est penché sur un système de commandes spécial. Philippe Croizon ne peut toucher ni le volant, ni les pédales. Grâce à des extensions métalliques, il peut diriger la voiture avec son moignon droit. Il accélère en tirant, freine en poussant et actionne la direction grâce à un joystick hydraulique. Du moignon gauche, il actionne un petit levier de vitesses placé près de la portière. À son copilote Cédric Duplé de s’occuper du démarrage de la voiture, des essuie-glaces, etc. Dernière obligation pour participer au Dakar: sortir du véhicule en moins de 25 secondes: l’handipilote le fait en 12 secondes.

«  Je sens la voiture avec mon bassin, comme un skieur  »

Autrement, pas de traitement de faveur, l’équipe mise sur de la rigueur, du travail, et du plaisir. Yves Tartarin, 17 Dakar au compteur, s’occupe du coaching du tandem et compte faire la différence par la récupération: « Pour Philippe, le programme après l’arrivée est simple : osthéo, douche, repas et au lit. Il devra gérer son physique car, le mental, il l’a ».

Philippe Croizon & Yves Tartarin au Maroc en 2016. 

Le résultat de la course importera peu. Repousser toujours plus loin (et vite!) les limites du handicap: le défi est déjà relevé.

Manal Benharrats

Écrit par Manal Benharrats