Pérou : Keiko Fujimori domine le premier tour de la présidentielle

Keiko Fujimori, la fille de l’ex-président controversé Alberto Fujimori, est arrivé largement en tête du premier tour de la présidentielle dimanche 10 avril. Avec 39,18% de voix remportées, elle affrontera lors du second tour, le 5 juin prochain, l’économiste de droite de 77 ans, Pedro Pablo Kuczynski, ayant rassemblé 24,25% des voix.

Keiko Fujimori, fille de l'ancien président controversé Alberto Fujimori

Keiko Fujimori, fille de l’ancien président controversé Alberto Fujimori

Malgré les nombreuses condamnations de son père et ancien président du Pérou (1990-2000), Alberto Fujimori, Keiko Fujimori a réussi son pari. Les 23 millions d’électeurs ont voté, en majorité et dans le calme, pour la leader de la Fuerza Popular.

« Le Pérou veut la réconciliation et ne veut plus de conflits. Nous représentons la vois des péruviens qui veulent une présence de l’Etat », a-t-elle déclaré à son siège de campagne. Cela fait déjà quelques mois que Keiko Fujimori est considérée comme favorite dans la course à la présidence.

Tout n’est pas encore gagné

Alberto Fujimori a été condamné à 25 ans de prison pour violation des droits de l’Homme et 8 autres pour détournement de fonds. Les 10 années, de 1990 à 2000, qu’il a passé au pouvoir ont laissé un souvenir qui suscite un vif rejet de la part d’une majorité de péruviens.

Ayant démissionné en 2000 par courrier, envoyé depuis la péninsule arabique, il avait ensuite demandé l’asile politique au Japon, pays d’origine de ses parents.

Actuellement, Alberto Fujimori purge sa peine de prison de 25 ans pour des crimes commis lors de son mandat présidentiel, souvent comparé à une dictature. En effet, ce dernier a vu se développer une corruption sans précédent au sein de sa présidence, et commandité deux massacres dans le cadre de la lutte contre la guérilla. Entre 1995 et 2000 plus de 300.000 femmes indigènes ont été stérilisées de force lors d’un « plan de santé publique » lié à sa politique antinataliste.

Au-delà de son électorat de base, il sera donc difficile pour Keiko Fujimori de convaincre et de faire oublier.

Écrit par Camille Ozuru