Penelope Gate : le naufrage de François Fillon

2 semaines. 14 jours. C’est le temps qui aura suffi à la droite pour imploser. La raison ? La révélation, par le Canard Enchaîné, du scandale d’une femme d’ancien Premier ministre qui aurait bénéficié, pendant plus de dix ans, d’un salaire d’attachée parlementaire sans exercer réellement cette fonction.

Problématique quand cet ancien résident de l’Hôtel Matignon postule aujourd’hui au Palais de l’Elysée. Problématique quand, en plus, ce même homme politique déclarait en 2012 sur Twitter : « ll y a injustice sociale entre ceux qui travaillent dur pour peu et ceux qui ne travaillent pas et reçoivent de l’argent public« . Problématique quand, qui plus est, on parle d’une somme mirobolante de 900.000 euros d’origine publique. Mais surtout problématique quand la femme de ce même candidat déclarait en 2007 au Sunday Telegraph : « Je n’ai jamais été l’assistante de mon mari  ». La supercherie n’est pas crédible… 

Le comble, pour ce candidat à tendance conservatrice, partisan du rétablissement du contrôle aux frontières, n’est-il pas d’être mis en danger par sa femme d’origine galloise ? Même les plus fins scénaristes d’Hollywood n’y auraient pas songé. Les flots de la scène politique se déversent sur le bateau Fillon et ce dernier ne possède pas de capitaine capable d’écoper… Pour corser un peu l’affaire, l’homme qui était en novembre dernier le successeur présumé de François Hollande se voit aujourd’hui critiqué par 76% des Français, qui, selon un sondage publié ce 31 janvier par BFMTV, ne sont pas convaincus par sa défense. Se pose alors une seule question : « Que peut bien faire le capitaine François Fillon pour sortir de ce coup de tabac ? »

« Pour bien mentir, il faut beaucoup de sincérité », écrivait Jean Giono dans « La femme du boulanger ». Le problème c’est que l’ancien Premier ministre et sa femme ne savent pas mentir. Ou du moins ne montrent-ils pas assez de sincérité. Leur défense est bancale, un peu comme un équilibriste qui n’aurait pas de barre stabilisatrice. Alors, pour sauver son navire, l’ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy doit avant tout parler franchement aux Français. Arrêtons les dénonciations de « coup d’Etat institutionnel » qui ne tiennent pas la route quand on sait que François Hollande ne se présente même pas à sa propre réélection. Arrêtons de jouer les victimes et assumons les fautes. « Faute avoué à moitié pardonnée « , dit le proverbe. François Fillon ferait bien de s’y tenir s’il ne veut pas s’échouer…

Valentin Demay 

Écrit par iejpedago