Paris, un siècle de gris

Aujourd’hui, la pollution étouffe Paris. Mais quand cet épais manteau de particules fines nocif pour la santé est il apparu? Tout commence au XIXème siècle.

A la genèse de la pollution: la révolution industrielle du XIXème siècle

D’un point de vue historique, la pollution encombre nos narines depuis la révolution industrielle. La qualité de l’air des grandes métropoles s’est détériorée au 19ème siècle, année ou de nouvelles formes de pollution se sont développées de façon massive et récurrente dues à l’utilisation croissante du charbon. Le charbon était utilisé entre autre pour la production de l’électricité et servait à alimenter les réservoirs des trains, les moyens de locomotions étant en plein essor à cette époque.

Le progrès technique et l’écologie ne faisant pas bon ménage, la pollution à Paris n’a pas été souvent évaluée au 19ème siècle malgré les immenses volutes de fumées qui se dégageait des usines de textiles et autres manufactures. Ce phénomène était d’autant plus grave qu’une grande partie de l’habitat ouvrier se trouvait alors à proximité immédiate des lieux de production.Les premières analyses systématiques de l’air atmosphérique sont celles de l’Observatoire de Montsouris à partir de 1876.

La création des transports en commun amplifie la production électrique au charbon qui s’est développé à foison de 1923 à 2007. Elle aura plus que triplé avec à la clé, une forte hausse des émissions deCO2.

 

Le Paris des années 50

Le moteur diesel, principal émetteur des particules fines à Paris

Le moteur diesel, principal émetteur des particules fines à Paris

C’est en 1950 que la pollution s’accroit à Paris. Fruit de l’industrialisation au XIXème siècle, Paris voit désormais ses grands boulevards hausmanniens accueillir des voitures de plus en plus polluantes au pot d’échappement qui transforme à 90 % les gaz polluants en azote et gaz carbonique. Cette mutation au profit du progrès industriel à conduit à une hausse des particules fines. Si en 1902, la plupart des véhicules routiers sont équipés de machines à vapeur ou de moteurs électriques, le milieu du XXème siècle va voir apparaître le diesel. Souffrant d’une mauvaise réputation, il équipait surtout les poids lourds et les taxis. Au fil du temps le bruit, les vibrations, les rejets de particules de suie et autres oxydes d’azote, furent connus par la communauté scientifique et l’opinion publique comme pouvant causer l’apparition de maladies respiratoires graves, de l’asthme au cancer du poumon…

Petit à petit, la réglementation incorpore des limites de rejets, d’abord pour les fumées noires industrielles (1934 dans le département de la Seine), puis pour les rejets des véhicules automobiles (décrets nationaux de 1969). Les épisodes de hausse de mortalité résultant de la combinaison d’événements météorologiques particuliers et d’émissions de gaz conduisent à la mise en place de réseaux de surveillance tel que le Laboratoire d’hygiène de la ville en 1954.

Lucie Albertini

A lire les autres articles du dossier :

Paris s’asphyxie

La mauvaise qualité de l’air a un coût

Pollution : les bons réflexes

La pédale verte

Plan anti-pollution : Paris chasse les véhicules polluants

 

Écrit par solit