Paris s’asphyxie

Voitures, lumières, bruit… La pollution à Paris a été décriée dans un récent rapport Européen. Mais qu’en est il vraiment? 

Il ne fait pas bon de respirer à Paris. Dans le rapport du bureau Européen de l’Environnement, Paris est classée comme étant la 13ème ville la plus polluée au monde derrière Tokyo et Londres. Une position médiocre pour la capitale qui a été le théâtre de nombreux pics de pollution. En Ile de France, on recense 15 millions de déplacements en voiture chaque jour, un nombre pharamineux pour un trajet moyen de 12 kilomètres. Le trafic routier, feux de cheminée principaux polluants, sont dans le viseur de la maire de Paris Anne Hidalgo.

Un Parisien inhale 100.000 particules fines par respiration 

Imaginez être avec 8 fumeurs dans un 20 mètres carré. C’est ce que respire un Parisien lorsqu’il met le nez dehors lors d’un pic de pollution, soit 30 fois plus que la normale. Dans un rapport publié par le CNRS et AirParif, la pollution à Paris serait aussi nocive que le tabagisme passif. Alors que les habitants de la capitale respirent en moyenne 200 000 particules ultrafines (inférieur à 0,1 micromètre) par litre d’air lors d’une journée de faible pollution, ils en ont inhalé plus de 3 millions lors de ces épisodes. Ces données inédites rendues publiques en novembre 2014, ont pu être établies grâce au ballon de Paris, installé au-dessus du parc André-Citroën dans le 15arrondissement qui est équipé depuis dix-huit mois d’un appareil laser. Mis au point par le CNRS il est capable de mesurer en continu les nanoparticules présentes dans l’air. L’étude démontre que la pollution atmosphérique, en particulier celle liée aux particules, «contribue au développement de pathologies chroniques (affections respiratoires, affections cardiovasculaires, cancers)». Les particules fines sont répertoriées depuis 2012 par l’Organisme Mondial de la Santé (OMS) comme étant cancérigènes, sont à l’origine dans le monde de 7 millions de décès par an.

Quels sont les fautifs? 

Le trafic routier émet 62% de particules fines dans l’air. Mais les feux de cheminée sont également incriminables puisqu’ils contribuent à hauteur de 23 % des émissions totales de particules fines en Ile-de-France, soit autant que les échappements de véhicules routiers. La ministre de l’Ecologie et de l’environnement Ségolène Royal s’était accaparée du dossier « feux de cheminée » déclarant « qu’une demi-journée passée au coin d’un feu émettrait autant de particules fines qu’une voiture diesel qui roulerait pendant 3 500 km ». Une exorde qui avait conduit à un arrêté préfectoral qui prévoyait d’interdire les feux de cheminée à foyer ouvert à Paris et en Ile-de-France mais qui a été abrogé avant même son entrée en vigueur le 1er janvier 2015. Conséquence de ces pics de pollution, la ville de Paris souhaite mettre en place un plan d’envergure pour lutter « durablement contre la pollution atmosphérique » en incitant la circulation alternée, interdisant la circulation des voitures diesel en intra-muros et rendant les Autolib’ (voitures électriques) ponctuellement gratuites aux Parisiens lors des pics de pollution.

 

 

 

Lucie Albertini

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Écrit par solit